Le Québec peut-il bloquer l’ALENA?

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland qui mène les négociations pour le Canada lors d'un point presse.
Photo: Andrew Harnik Archives Associated Press La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland qui mène les négociations pour le Canada lors d'un point presse.

Dans les faits, le Québec ne peut « bloquer » une nouvelle entente sur l’ALENA, tel que l’a reconnu Philippe Couillard pendant le premier débat des chefs. « On va exprimer fortement le rejet de cette entente si elle ne fait pas l’affaire », a-t-il dit alors. « Le bloquer, le mot est trop fort. »

 

Le gouvernement du Québec pourrait en revanche choisir de ne pas mettre en œuvre l’accord dans ses champs de compétence, expliquait récemment au Devoir le professeur de l’ENAP Stéphane Paquin. « Sur le plan juridique, on peut déclarer le Québec non lié », a illustré Philippe Couillard dimanche.

Il a promis « d’explorer toutes les avenues, y compris les recours juridiques, pour bloquer [politiquement] l’entente […], pour protéger l’agriculture et nos régions. »

 

Le chef libéral a tout de même reconnu qu’il ne saura quel levier utiliser pour marquer son opposition à l’entente avant d’avoir lu les « textes » de celle-ci. « Quand on aura les textes, on va les analyser et explorer toutes les avenues juridiques possibles, parce que ce sont clairement nos juridictions qui sont en cause », a-t-il affirmé.

 

Le Québec pourrait exiger des dédommagements en argent pour les agriculteurs. « Mais c’est au-delà des compensations financières », a déclaré Philippe Couillard. « C’est l’agriculture du Québec pour les prochaines générations : [il ne s’agit] pas [d’] un chèque qu’on recevrait maintenant, pour vendre le modèle d’agriculture québécoise. »