En photos | Les portes de bois de la famille Khan

Une boîte à outils remplie de ciseaux à bois, un maillet et un crayon à mine. C’est tout ce qu’il faut aux frères Dedar et Ajmal Khan pour réaliser de véritables chefs-d’œuvre ornant les portes en bois de maisons cossues du Pakistan et d’ailleurs dans le monde. « On n’utilise aucune machine, aucun pochoir », explique fièrement leur aîné, Bakhtyar Khan, qui dirige l’entreprise familiale sise dans le quartier Sadat Colony à Islamabad. Quelques mètres plus loin, leur oncle Agmal Khan, arrivé d’Afghanistan avec sa famille il y a 42 ans après l’invasion soviétique, accumule par dizaines les portes anciennes en bois sculpté qu’il restaure une à une. Un savoir imbriqué dans l’ADN de la famille Khan qui se transmet de génération en génération, pour le plus grand plaisir des yeux.

1 Sous une publicité vantant les mérites d’appartements modernes et luxueux, Agmal Khan se promène à travers les piles de portes anciennes qui garnissent les abords de ses ateliers. La plupart des œuvres de bois sculpté datent d’il y a environ 150 ans, explique-t-il Renaud Philippe Le Devoir
2 Véritable savoir familial, le travail de valorisation du bois fait vivre huit frères Khan et leurs familles, totalisant plus d’une centaine de membres. Les fils et les petits-fils des huit frères Khan sont également partie prenante de l’entreprise familiale. Renaud Philippe Le Devoir
3 Pour restaurer les portes, des morceaux de bois ancien sont récupérés dans des résidences. «On travaille les portes et les meubles [tables, fauteuils, coffres, colonnes] avec du bois datant de 70 à 80 ans», explique Bakhtyar Khan. Renaud Philippe Le Devoir
4 En contrebas se trouvent les ateliers de l’entreprise de Bakhtyar Khan (qu’il a reprise après le décès de son père). Avec des outils traditionnels, les artisans y réalisent de petits bijoux. Renaud Philippe Le Devoir
5 Dedar Khan dessine avec des traits assurés, tracés à la main au crayon à mine — sans pochoir ni règles — un motif inspiré de la province du Penjab qu’il va sculpter dans le bois. Renaud Philippe Le Devoir
6 Par la suite, l’homme sculpte le motif avec des ciseaux à bois. Son fils à ses côtés est sensibilisé dès son plus jeune âge à cet art ancestral. «C’est un art qu’on apprend nous-mêmes auprès de nos oncles depuis 35 ans.» Renaud Philippe Le Devoir
7 Son frère Ajmal tient avec ses pieds une planche de bois dans laquelle il sculpte un motif de la région de Swat. Les motifs de la vallée de Swat sont inspirés du bouddhisme et se traduisent par des formes rappelant le soleil, des fleurs ou des écailles de poisson. Les motifs du Penjab, plus délicats, proviennent de l’Iran et de l’art persan. Renaud Philippe Le Devoir
8 Les affaires étaient bien meilleures avant les attentats du 11 septembre 2001 et avant la COVID, souligne Agmal Khan. «On avait beaucoup plus d’acheteurs avant qui venaient de l’Europe et de l’Amérique.» Renaud Philippe Le Devoir
9 Un clin d’œil moderne à la vocation de plusieurs commerces de la rue Haq du quartier Sadat Colony d’Islamabad. Renaud Philippe Le Devoir
10 Certaines portes anciennes sont faites en bois de rose, d’autres en cèdre ou en pin. Une nouvelle porte sculptée avec des motifs de la vallée de Swat prend environ 20 jours de travail. Une porte réalisée avec la finesse des motifs du Penjab prend 45 jours à être réalisée. Renaud Philippe Le Devoir
11 Les yeux sont envoûtés par la finesse de ce travail réalisé entièrement à la main. Dans les ateliers de la famille Khan, les hommes de la famille vont et viennent sous les bruits des artisans qui travaillent le bois. Renaud Philippe Le Devoir

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