Pas de répit en Cisjordanie, en Israël et dans la bande de Gaza

Les Palestiniens de Cisjordanie ont organisé mardi une journée de «colère» en solidarité avec Gaza, qui a été très largement suivie.
Photo: Agence France-Presse Les Palestiniens de Cisjordanie ont organisé mardi une journée de «colère» en solidarité avec Gaza, qui a été très largement suivie.

Au moment où la communauté internationale intensifie ses efforts pour faire cesser l’escalade meurtrière entre Israël et le Hamas palestinien, bombardements et salves de roquettes ont fait de nouvelles victimes mardi, sur fond de violences ravivées en Cisjordanie et à Jérusalem.

Les Palestiniens de Cisjordanie ont organisé mardi une journée de grève générale et de « colère » en solidarité avec Gaza, qui a été très largement suivie. « Nous sommes ici pour faire entendre nos voix et être solidaires des gens de Gaza qui sont bombardés », a lancé Aya Dabour, qui manifestait à Ramallah.

Grâce à cette grève, « nous commençons à ne plus avoir l’impression d’être simplement leurs esclaves », a confié de son côté Ala Judeh, un Palestinien de 24 ans qui travaille dans une station-service d’un quartier juif de Jérusalem.

Lors de ces rassemblements, qui ont dégénéré en affrontements avec l’armée, quatre Palestiniens ont été tués et des soldats israéliens ont été blessés par balles. Des secouristes du Croissant-Rouge palestinien ont pris en charge plus de 150 personnes à Jérusalem et en Cisjordanie, dont 35 blessées par balles et 80 souffrant de problèmes liés à l’inhalation de gaz lacrymogènes.

Les raids israéliens se sont poursuivis mardi sur l’enclave palestinienne de la bande de Gaza, laissant de plus en plus d’immeubles éventrés. « Il n’y a plus d’électricité ni d’eau, plus de toit, les vitres et les portes sont cassées », s’est désolé Kamal Harzallah, dont la maison a été détruite dans un bombardement.

Bilan alourdi

L’armée israélienne a également affirmé avoir ciblé ce qu’elle appelle « le métro » — des tunnels qui permettraient au mouvement islamiste de faire circuler ses munitions, selon Israël — ainsi que des maisons de commandants du Hamas, affirmant que certaines servaient à « stocker des armes ».

De son côté, le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a menacé de tirer de nouvelles roquettes vers Tel-Aviv si l’aviation israélienne ne cessait « pas de cibler des civils », tandis que ses missiles visaient par dizaines le sud d’Israël. En neuf jours, quelque 3500 roquettes ont été tirées depuis Gaza, dont environ 90 % ont été interceptées par le système de défense israélien, selon l’armée.

230
C’est le nombre de personnes qui ont été tuées depuis le début des hostilités, le 10 mai
dernier, dans la région du Proche-Orient. De ce nombre, 213 Palestiniens ont été tués à Gaza, dont au moins 61 enfants, et plus de 1440 blessés.

Depuis le début des hostilités le 10 mai dernier, au moins 230 personnes ont été tuées. De ce nombre, 213 Palestiniens ont été tués à Gaza, dont au moins 61 enfants, et plus de 1440 blessés. En Israël, 12 personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 blessées par des tirs de roquettes. Selon les autorités palestiniennes, les forces israéliennes ont tué 24 Palestiniens en Cisjordanie depuis le 10 mai.

Le conflit a éclaté après le tir d’un barrage de roquettes du Hamas sur Israël en solidarité avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. À l’origine des violences, la menace d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans ce secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

Canaux de médiation

À la crise sécuritaire actuelle s’ajoute le risque d’une crise humanitaire, avec près de 58 000 Palestiniens déplacés et 2500 personnes ayant perdu leur maison dans les bombardements, selon les Nations unies.

Ouvert à peine quelques heures, le point de passage de Kerem Shalom a été refermé mardi par Israël, après des tirs d’obus palestiniens. Les camions de l’aide internationale chargés de vivres, de médicaments et d’essence ont ainsi dû faire demi-tour.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu mardi sa quatrième réunion d’urgence sur le conflit israélo-palestinien depuis huit jours sans produire de déclaration commune, les États-Unis continuant de juger qu’elle n’aiderait pas à une désescalade, selon des diplomates.

Or, le président américain, Joe Biden, a exprimé, pour la première fois, son soutien à un « cessez-le-feu », lors d’un nouvel entretien téléphonique lundi avec le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou. « Nous continuerons le temps qu’il faudra pour ramener la tranquillité aux citoyens d’Israël », a toutefois répété M. Nétanyahou.

Sur le front diplomatique, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a plaidé devant l’émissaire américain Hady Amr en visite en Cisjordanie pour une « intervention » de Washington.

Plusieurs canaux de médiation ont été ouverts. Les présidents français et égyptien, Emmanuel Macron et Abdel Fattah Al-Sissi, qui travaillent à une médiation, ont de nouveau discuté mardi avec en plus le roi Abdallah II de Jordanie, selon la présidence française. Une seconde médiation est également en cours, par le biais de l’ONU, aidée du Qatar et de l’Égypte.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a de son côté appelé à « un arrêt immédiat de toutes les violences et à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu » entre Israël et les Palestiniens, à l’issue d’une réunion en urgence des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne mardi.

La dernière grande confrontation entre Israël et le Hamas remontait à l’été 2014. Le conflit de 51 jours avait ravagé la bande de Gaza et fait au moins 2251 morts côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 côté israélien, quasiment tous des soldats.

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