L’ancien président Mahmoud Ahmadinejad de nouveau candidat

Mahmoud Ahmadinejad a été président de 2005 à 2013.
Photo: Atta Kenare Agence France-Presse Mahmoud Ahmadinejad a été président de 2005 à 2013.

L’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, un de ses anciens ministres et d’autres personnalités politiques moins connues ont grossi mercredi la liste des personnes ayant déposé leur candidature à la présidentielle iranienne de juin.

Acclamé par plusieurs dizaines de ses partisans, l’ex-président populiste et ultraconservateur s’est rendu dans la matinée au ministère de l’Intérieur, où ceux qui veulent concourir à l’élection peuvent déposer leur candidature depuis mardi et jusqu’à samedi.

Avant de pouvoir se présenter aux suffrages, tous les candidats devront être validés par le Conseil des gardiens de la Constitution, organe non élu contrôlé par les conservateurs. La presse iranienne dans son ensemble estime que les chances de M. Ahmadinejad d’obtenir l’onction du Conseil des gardiens sont presque nulles.

Celui qui se présente comme l’« enfant » du peuple compte boycotter purement et simplement le scrutin — dont le premier tour doit avoir lieu le 18 juin — « en cas de disqualification » de sa candidature. « Des millions de personnes à travers le pays m’ont invité à me présenter à l’élection et m’ont même ordonné de venir ici pour m’inscrire, plaçant une lourde responsabilité sur mes épaules », a-t-il déclaré.

Répétant, comme il le fait depuis plusieurs années, que la population a selon lui perdu confiance dans les dirigeants du pays, il estime que le scrutin de juin était « peut-être la dernière chance » de sauver la République islamique face aux défis auxquels elle fait face tant pour des raisons « internes » qu’« internationales ».

M. Ahmadinejad a été président de 2005 à 2013. En 2009, la contestation — sévèrement matée — de sa réélection sur fond d’accusations d’irrégularités et de fraudes massives avait ébranlé la République islamique. En 2013, il avait dû abandonner son poste à l’issue de son deuxième mandat, la Constitution interdisant au chef de l’exécutif d’exercer trois mandats successifs.

L’ancien président avait retenté sa chance lors de la présidentielle de 2017 en déposant sa candidature contre l’avis du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Sans surprise, celle-ci avait été rejetée par le Conseil des gardiens, chargé du contrôle de l’élection présidentielle.

Au fil des années, l’ancien président est devenu un poil à gratter de la République islamique, tenant des propos iconoclastes remettant publiquement en cause la plupart des grandes orientations retenues par ses dirigeants.

Selon le calendrier officiel, la liste définitive des candidats retenus par le Conseil des gardiens doit être connue le 26 ou le 27 mai, et la campagne électorale doit s’ouvrir le 28.

À voir en vidéo