Explosion de fausses nouvelles sur Beyrouth

Mardi, une énorme explosion au port de Beyrouth a dévasté plusieurs quartiers de la ville.
Photo: Agence France-Presse Mardi, une énorme explosion au port de Beyrouth a dévasté plusieurs quartiers de la ville.

La catastrophe qui a touché Beyrouth mardi a entraîné son lot de rumeurs et de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux. Les images de l’énorme explosion ont rapidement fait le tour du monde. Bien que le gouvernement libanais ait indiqué que l’entreposage de 2750 tonnes de nitrate d'ammonium était en cause, plusieurs spéculations ont tout de même circulé au sujet de la source de l’explosion.  

Parmi les fausses informations les plus populaires, on retrouve les thèses d’une bombe nucléaire, d’une frappe de missile ou d’une attaque israélienne.

• Thèse du missile : vidéos manipulées 

De nombreuses vidéos suggèrent qu’un missile aurait été la cause de l’explosion : on y voit un objet volant à proximité du site. Les experts ont rapidement indiqué qu’elles ont été truquées. 

 
 

Une vidéo, qui circulait sur YouTube et Twitter, a été manipulée pour ajouter ce qui semble être un missile de dessin animé. Un effet de film négatif a été utilisé pour inverser les couleurs, révélant supposément un missile frappant le port maritime. 

 
 

Lors de la visualisation de la vidéo image par image, la taille et l’angle du missile en question ne changent pas au fur et à mesure qu’il se rapproche de la cible. 

Hany Farid, professeur à l'Université de Californie à Berkeley, qui se concentre sur la criminalistique numérique, a confirmé à l'Associated Press que le missile était « manifestement faux ». La vidéo a été partagée sur Facebook et Twitter, où elle a été retweetée plus de 7 000 fois. 

 

« S'il était moins amateur, nous pourrions identifier le type de missile réel, estimer la trajectoire et la vitesse de rentrée, ainsi que rechercher des artefacts numériques », a déclaré Jeffrey Lewis, un expert en maîtrise des armements et professeur à l'Institut d'études internationales de Middlebury. « Mais ce n’est pas assez bon pour s’embêter. C'est plus faux que faux. »

Plusieurs autres vidéos truquées ont circulé sur les réseaux sociaux: 

     

• Thèse de la bombe nucléaire

Dans les vidéos qui ont circulé dans le monde entier, le « champignon de fumée » qui s'est propagé dans le ciel a mené plusieurs à émettre l’hypothèse d'une bombe nucléaire lancée sur Beyrouth. Or, le phénomène du nuage de Wilson est simplement un nuage de condensation résultant d’une onde de choc. Les nuages de Wilson ne sont donc pas un effet uniquement relié aux bombes nucléaires. 

De plus, les experts en armement ont rapidement souligné qu’une explosion causée par une bombe nucléaire aurait été accompagnée d’un éclair aveuglant et d’une vague de chaleur. Les vidéos de la catastrophe démontrent l’absence d’un tel éclair.

Finalement, l’explosion ne peut pas être causée par une bombe nucléaire, car elle était trop petite. « Ce n'est pas une arme nucléaire, même pas petite », a déclaré Jeffrey Lewis.

   

• « C'était une sorte de bombe »

Le président américain a affirmé que les puissantes explosions semblaient avoir été causées par une « bombe quelconque », selon des généraux américains. 

« Cela ressemble à une terrible attaque », a déclaré Trump aux journalistes de la Maison-Blanche. « Ce n'était pas une sorte d'explosion d'une bombe artisanale. Il semble que ce soit le cas, selon eux — ils le sauraient mieux que moi —, mais ils semblent penser que c'était une attaque. C'était une sorte de bombe, oui » a-t-il affirmé quelques heures après l’incident.

Plus tôt mercredi, des responsables américains ont contredit les dires du président, en déclarant que rien n'indiquait que l'explosion massive était une attaque.

• Avions de chasse

Certains affirment également entendre des sons d’avions de chasse sur des vidéos. Le son provient de l'incendie lui-même.

   
 

• Attaque israélienne 

Plusieurs utilisateurs des réseaux sociaux ont également spéculé sur l’implication d'Israël. Des photos du premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, désignant le site de l'explosion de Beyrouth ont surgi sur les réseaux sociaux.

Photo: Getty Images

La photo date cependant de 2018, alors qu’il s'adressait à l'Assemblée générale des Nations unies. Certains utilisateurs jugent qu’il s’agit d’une « preuve » qu'Israël a participé à l'explosion.


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