L’Iran dit avoir démantelé un réseau d’espions américain

Le président iranien Hassan Rohani
Photo: Alexey Druzhinin / Sputnik / Agence France-Presse Le président iranien Hassan Rohani

L’Iran a affirmé mardi avoir démantelé un « nouveau réseau » d’espions agissant pour le compte des États-Unis, en pleines tensions accrues entre les deux pays ennemis, face auxquelles Moscou et Pékin ont exprimé leurs inquiétudes.

La crise s’est accentuée avec l’annonce lundi par le Pentagone d’un renforcement du dispositif militaire américain au Moyen-Orient après que l’Iran a affirmé son intention de franchir bientôt une limite prévue par l’accord sur le programme nucléaire iranien, censé encadrer les activités nucléaires de Téhéran.

L’Iran et les États-Unis sont engagés dans un bras de fer depuis le retrait unilatéral américain en 2018 de l’accord nucléaire et le rétablissement de sanctions économiques américaines contre Téhéran. Des attaques contre des pétroliers en mai et en juin dans la région du Golfe, attribuées par Washington à l’Iran, qui a démenti l’accusation, ont jeté de l’huile sur le feu.

« Sur la base de nos propres renseignements et d’indices collectés au sein des services américains, nous avons récemment découvert les nouvelles recrues embauchées par les Américains et démantelé ce nouveau réseau », a annoncé l’agence officielle iranienne Irna, en citant sans le nommer le « chef du contre-espionnage au ministère des Renseignements ».

Certains espions du réseau mis sur pied, selon Irna, par l’agence centrale du renseignement des États-Unis (CIA), ont déjà été arrêtés et remis à la justice. Irna ne donne toutefois aucun nombre ni ne précise la nationalité des suspects.

Renforcement militaire

Lundi, le Pentagone a annoncé « l’envoi de 1000 militaires supplémentaires à des fins défensives pour répondre à des menaces aériennes, navales et terrestres au Moyen-Orient ». « Les récentes attaques iraniennes valident les renseignements fiables et crédibles que nous avons reçus sur le comportement hostile des forces iraniennes », a indiqué le chef du Pentagone, Patrick Shanahan, en allusion aux attaques contre les pétroliers qui n’ont pas été revendiquées.

Sur la base de nos propres renseignements et d’indices collectés au sein des services américains, nous avons récemment découvert les nouvelles recrues embauchées par les Américains et démantelé ce nouveau réseau

Ce déploiement doit « convaincre le gouvernement islamique de l’Iran que nous sommes déterminés et les dissuader de [commettre] de nouvelles agressions dans la région », a expliqué le secrétaire d’État, Mike Pompeo, mardi.

Droit de riposte

Le chef de la diplomatie a défendu la légitimité de la « capacité de répondre » à une éventuelle attaque de l’Iran contre des intérêts américains dans le Golfe. La visite avait pour but de « finaliser les objectifs stratégiques » énoncés par le président Donald Trump, a-t-il dit.

« Mais nous ne pouvons le faire sans nous assurer d’avoir la capacité de répondre si l’Iran prend une mauvaise décision » et s’attaque « à un Américain, à un intérêt américain ou continue à développer son programme d’armes nucléaires », a-t-il poursuivi.

« Nous devons être prêts à répondre à toute menace de l’Iran », a-t-il ajouté, tout en assurant que « le président Trump ne [voulait] pas la guerre » avec l’Iran.