Le «Washington Post» publie la dernière chronique de Jamal Khashoggi

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, en 2014
Photo: Mohammed al-Shaikh Archives Agence France-Presse Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, en 2014

Le Washington Post a publié la dernière chronique du journaliste saoudien disparu, Jamal Khashoggi, dans laquelle il écrit que les gouvernements au Moyen-Orient « ont été laissés libres de continuer à réduire au silence les médias à un rythme croissant ».

Le quotidien américain a fait paraître la chronique, mercredi, plus de deux semaines après la dernière visite du reporter au consulat d’Arabie saoudite, à Istanbul.

Cette publication survient également quelques heures seulement après un compte rendu macabre publié dans le journal turc Yeni Safak, selon lequel des responsables saoudiens auraient coupé les doigts de M. Khashoggi, puis l’auraient décapité à l’intérieur du consulat, pendant que sa fiancée attendait dehors. Le gouvernement saoudien, incluant le prince héritier Mohammed ben Salman, a nié toute implication.

Dans une note précédant la chronique, la responsable de la section des opinions, Karen Attiah, a indiqué avoir reçu le texte de la part du traducteur et de l’assistant de M. Khashoggi un jour après sa disparition. Jamal Khashoggi avait commencé à écrire pour le Washington Post en septembre 2017 et ses chroniques critiquaient le royaume saoudien.

Dans sa dernière tribune, intitulée « Jamal Khashoggi : Ce dont le monde arabe a le plus besoin, c’est de la liberté d’expression », le journaliste saoudien parle de l’emprisonnement d’un écrivain qui s’était exprimé contre « l’establishment saoudien », tout en citant également un incident dans lequel le gouvernement égyptien avait pris le contrôle d’un journal.

« Ces actions ne portent plus les conséquences d’une réaction violente de la part de la communauté internationale. Au lieu de cela, elles entraînent parfois une condamnation rapide, suivie d’un silence », a écrit M. Khashoggi.

« En conséquence, les gouvernements arabes ont eu la liberté de continuer à réduire au silence les médias à un rythme croissant », a ajouté l’auteur saoudien.

Le président américain Donald Trump, qui avait d’abord critiqué l’Arabie saoudite, mais a reculé depuis, a déclaré mercredi que les États-Unis souhaitaient que la Turquie rende tout enregistrement audio ou vidéo de l’assassinat présumé de Jamal Khashoggi, « si ceux-ci existent ».

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