Les États-Unis suspendent leur aide sécuritaire au Pakistan

Le Pakistan est théoriquement allié des États-Unis dans sa lutte contre le terrorisme.
Photo: Arif Ali Agence France-Presse Le Pakistan est théoriquement allié des États-Unis dans sa lutte contre le terrorisme.

Les États-Unis ont annoncé jeudi la suspension de leur assistance sécuritaire aux forces pakistanaises, auxquelles ils ont réclamé une « action décisive » contre les factions talibanes établies dans ce pays théoriquement allié de l’Amérique dans sa lutte contre le terrorisme.

La porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert, n’a pas précisé le montant de l’aide ainsi gelée, mais a indiqué que ces sommes s’ajoutent aux 255 millions de dollars d’aide militaire déjà suspendue.

« Nous confirmons que nous suspendons l’assistance sécuritaire au Pakistan à ce stade », a affirmé Mme Nauert dans son communiqué.
 

Le département d’État a gelé les paiements prévus dans le cadre du « fonds de soutien de la coalition » destiné à rembourser au Pakistan ses dépenses liées aux opérations antiterroristes. L’armée américaine est autorisée à dépenser jusqu’à 900 millions de dollars en 2017 pour ce fond et 700 millions en 2018.

« Jusqu’à ce que le gouvernement pakistanais prenne une action décisive contre les talibans afghans et le réseau Haqqani — nous considérons que [ces derniers] déstabilisent la région et visent le personnel américain [au Pakistan] —, les États-Unis vont suspendre ce type d’assistance sécuritaire », a ajouté la représentante du Département d’État.

Cette décision intervient quelques jours après les menaces du président Donald Trump, qui avait évoqué dans des termes très durs la possibilité de couper les financements en la matière, provoquant la colère d’Islamabad.

« Les États-Unis ont bêtement donné 33 milliards de dollars d’aide au Pakistan ces quinze dernières années et ils ne nous ont rien donné en retour, si ce n’est des mensonges et de la duplicité, prenant nos dirigeants pour des idiots », avait ainsi écrit le président américain sur Twitter. « Ils abritent les terroristes que nous chassons en Afghanistan, sans aide de leur part. C’est fini ! »
 

Washington accuse les responsables pakistanais d’ignorer, voire même de collaborer avec des groupes djihadistes qui lancent des attaques en Afghanistan à partir de leurs bases arrières le long de la frontière entre les deux pays. Ces groupes menacent le gouvernement afghan soutenu par les États-Unis et ont attaqué et tué à de nombreuses reprises des soldats américains présents en Afghanistan depuis les attentats du 11 septembre 2001.

 

Mais le ton agressif de M. Trump a irrité les dirigeants pakistanais qui disent que le conflit a causé dans leur pays plus de 62 000 morts et coûté 123 milliards de dollars depuis 2003.

 

Heather Nauert a souligné que les fonds gelés pourraient être débloqués si le Pakistan prenait des mesures contre les groupes djihadistes. «Les États-Unis sont prêts à travailler avec le Pakistan dans la lutte contre tous les terroristes, sans distinction», a-t-elle relevé, ajoutant que pour l’heure les États-Unis «ne livreront pas d’équipement militaire ou ne transféreront pas de fonds liés à la sécurité au Pakistan à moins que cela ne soit légalement requis».