Le chef du groupe État islamique est mort, confirme une ONG syrienne

Capture d’écran d’une vidéo de propagande diffusée le 5 juillet 2014 par al-Furqan Media montrant Abou Bakr al-Baghdadi à Mossoul
Photo: Al-Furqan Media Agence France-Presse Capture d’écran d’une vidéo de propagande diffusée le 5 juillet 2014 par al-Furqan Media montrant Abou Bakr al-Baghdadi à Mossoul

Le chef du groupe État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, est mort, a annoncé mardi une ONG syrienne, au lendemain de la proclamation par l’Irak de sa victoire à Mossoul face à l’organisation djihadiste.

Si la mort du chef de l’organisation était confirmée, il s’agirait d’un nouveau coup très dur porté contre ce groupe responsable d’atrocités et d’attentats meurtriers, qui vient de perdre son dernier grand bastion urbain en Irak et qui est la cible d’une offensive dans son fief de Raqqa en Syrie voisine.

« De hauts responsables du groupe EI présents à Deir ez-Zor [province de l’Est syrien contrôlée en grande majorité par les djihadistes] ont confirmé à l’OSDH la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi », a déclaré Rami Abdel-Rahman, le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé en Grande-Bretagne et qui dispose d’un large réseau de sources en Syrie.

« Nous l’avons appris aujourd’hui [mardi] mais nous ignorons quand, où et comment il est mort », a-t-il ajouté.

Le 22 juin, la Russie avait affirmé avoir « selon une forte probabilité » tué Baghdadi dans une frappe aérienne fin mai près de la ville de Raqqa dans le nord de la Syrie, une information qui n’avait été confirmée par aucune autre source.

J’espère qu’il est bel et bien mort. Et s’il ne l’était pas, il le sera dès que nous saurons où il se trouve.

 

La coalition internationale antidjihadiste dirigée par Washington a affirmé de pas être en mesure de vérifier l’annonce de l’OSDH.

« Je n’ai pas la moindre idée » du sort de Baghdadi, a affirmé le général américain Stephen Townsend, chef des forces de la coalition. « J’espère qu’il est bel et bien mort. Et s’il ne l’était pas, il le sera dès que nous saurons où il se trouve », a-t-il souligné lors d’une vidéoconférence depuis Bagdad.

Sur Twitter, le président américain Donald Trump s’est félicité de « grandes victoires contre le groupe EI ! », sans préciser s’il faisait référence à la reprise de Mossoul, à la mort de Baghdadi ou aux deux.

Plus de signe de vie

Depuis 2014, des rumeurs et des informations sur la mort du chef de l’organisation djihadiste ont régulièrement circulé. Mais elles n’ont jamais été confirmées. Les États-Unis ont offert 25 millions de dollars pour sa capture.

Baghdadi « était présent dans l’est de la province de Deir ez-Zor » ces derniers mois, a précisé M. Abdel Rahmane, qui a toutefois souligné qu’il n’était pas clair s’il avait été tué dans cette région ou ailleurs.

Dans l’immédiat, le groupe EI n’a pas réagi sur ses canaux de communication habituels.

Abou Bakr al-Baghdadi n’a plus donné signe de vie depuis un enregistrement audio diffusé en novembre, peu après le lancement de l’offensive sur Mossoul, dans lequel il exhortait ses hommes à lutter jusqu’au martyre. Il aurait quitté la ville en début d’année, probablement pour la frontière irako-syrienne.

C’est à Mossoul, grande ville du nord de l’Irak, que le chef du groupe EI avait fait sa seule apparition publique connue, en juillet 2014, à la mosquée al-Nouri.

Les djihadistes ont détruit cette mosquée et dynamité son minaret face à l’offensive des forces irakiennes.

L’Irak a proclamé lundi la « libération » de Mossoul du joug de l’organisation, sa plus importante victoire face au groupe djihadiste, qui avait conquis la ville en juin 2014. La victoire à Mossoul a été obtenue au prix de milliers de victimes, civils et militaires, d’une crise humanitaire énorme et de destructions colossales.

Les États-Unis resteraient en Irak

Washington — Les États-Unis, ainsi que plusieurs pays de la coalition internationale contre le groupe EI, veulent maintenir une présence militaire en Irak une fois que les djihadistes seront vaincus, a affirmé mardi un haut responsable militaire américain. Le lieutenant-général Stephen Townsend, chef des forces de la coalition, a souligné que le gouvernement irakien voyait cette éventualité d’un bon oeil.

Le général américain « anticipe » le fait « qu’il y ait une présence de la coalition icià Bagdad après la défaite du groupe EI », toutefois inférieure, dit-il, aux 5000 militaires américains actuellement en Irak. Washington avait finalisé en 2011, durant la présidence de Barack Obama, le retrait des troupes américaines qui restaient en Irak après l’invasion du pays alors sous la houlette de Saddam Hussein. Mais les forces de sécurité du pays se sont ensuite rapidement affaiblies pendant le mandat de l’ancien premier ministre irakien, Nouri al-Maliki.