La capitale syrienne attaquée par les rebelles et les forces gouvernementales

Au moins 45 civils ont été tués dimanche et des dizaines blessés dans de violents bombardements sur un fief rebelle assiégé près de Damas, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Selon cette ONG, des roquettes tirées par les forces du régime se sont abattues sur les localités de Douma, Harasta, Saqba et Arbin dans la Ghouta orientale, une région sous contrôle de l’opposition.

Le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, a également fait état de raids aériens sur ces localités, mais on ignore s’ils ont été menés par des avions syriens ou des appareils russes. Au moins dix enfants et quatre femmes figurent parmi les morts, a-t-il précisé faisant état de blessés par dizaines. « Un des raids a touché un emplacement près d’une école à Douma, tuant la directrice », a-t-il ajouté.

Dans un nuage de poussière, des hommes évacuaient des enfants au milieu des débris d’immeubles en ruines, selon un photographe de l’AFP sur place. Des photos postées sur Facebook par un groupe de militants de Douma montrent également de nombreux enfants lourdement blessés en train d’être secourus. Dans un hôpital de campagne, les médecins s’apprêtaient à opérer une fillette grièvement touchée à la jambe. Selon M. Abdel Rahmane, un combattant rebelle a également été tué par ces bombardements dimanche. Douma, fief rebelle situé dans la Ghouta orientale, à l’est de Damas, est régulièrement visé par des raids de l’aviation syrienne ou russe. Les rebelles tirent aussi à partir de la ville des obus sur la capitale syrienne, bastion du régime.

Assaut soutenu

À Damas même, trois personnes dont deux enfants ont été tuées dimanche par des tirs de mortier, a rapporté l’agence de presse officielle syrienne, Sana. Les rebelles syriens ont lancé plusieurs obus de mortiers sur une banlieue de la capitale de Damas, tuant trois personnes, dont un enfant, et en blessant 33 autres. Les forces gouvernementales ont riposté avec des frappes aériennes, ce qui a occasionné la mort d’au moins 28 personnes, selon des militants.

L’assaut — pendant lequel auraient été tirés plus de 40 obus de mortiers — était particulièrement solide et soutenu. Les habitants de la région ont été brusquement tirés de leur lit au petit matin alors que les rebelles ont attaqué des quartiers résidentiels.

La veille, un attentat à la voiture piégée revendiqué avait fait 16 morts dans la ville de Homs, au centre du pays, dans un quartier favorable au président Bachar al-Assad, selon le gouverneur de la province de Homs et l’OSDH. « L’explosion était terrifiante et a créé un énorme cratère. Des parties de corps gisaient par terre et les gens couraient dans tous les sens », a témoigné une habitante de 28 ans qui se trouvait près du lieu de l’attentat, dans le quartier de Zahra (est).

Ces nouvelles attaques surviennent alors que le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations unies, Stephen O’Brien, visitait la capitale syrienne pour observer le travail humanitaire sur le terrain et mesurer l’impact du conflit sur les civils.

 

Critiques contre la réunion de Riyad

La Russie et la branche syrienne d’al-Qaïda ont critiqué samedi la conférence de Riyad où l’opposition syrienne a accepté de négocier avec le régime dans l’espoir de mettre fin à la guerre meurtrière en Syrie. Ces critiques interviennent quelques jours avant une rencontre prévue mardi à Moscou, selon Washington, entre le secrétaire d’État américain, John Kerry, et le président russe, Vladimir Poutine, pour évoquer la crise syrienne et la lutte contre le groupe djihadiste EI. Réunis ensemble à Riyad pour la première fois depuis le début du conflit, les principaux groupes de l’opposition syrienne, politique et armée, ont toutefois exigé le départ du chef de l’État syrien avec le début d’une éventuelle période de transition. La Russie et les États-Unis s’opposent sur le sort à réserver au président syrien, mais sont les principaux instigateurs d’un processus diplomatique visant à mettre fin à la guerre, dans le cadre du Groupe international de soutien à la Syrie. Ce groupe doit se retrouver à New York le 18 décembre sous les auspices de l’ONU, avec l’objectif de faire avancer la perspective d’un cessez-le-feu négocié.


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