Washington appelle à un effort de guerre accru

Les forces de sécurité irakiennes consolidaient mercredi leurs positions à Ramadi, chef-lieu de la province d’Al-Anbar.
Photo: Ahmad al-Rubaye Agence France-Presse Les forces de sécurité irakiennes consolidaient mercredi leurs positions à Ramadi, chef-lieu de la province d’Al-Anbar.

Washington a appelé mercredi ses alliés à intensifier leurs efforts contre le groupe État islamique (EI), se disant prêt à engager des hélicoptères d’attaque contre les djihadistes pour soutenir les forces de sécurité irakiennes dans la ville de Ramadi, à l’ouest de Bagdad.

Les forces de sécurité irakiennes cherchent depuis des mois à chasser le groupe EI de Ramadi, chef-lieu de la province d’Al-Anbar, frontalière de la Syrie, et sont parvenues mardi à reprendre un quartier clé de la ville.

Mais alors qu’elles y consolidaient mercredi leurs positions, le groupe EI revendiquait un attentat suicide à Bagdad, illustrant le danger que représentent les djihadistes même loin des lignes de front.

« La communauté internationale — dont nos alliés et partenaires — doit faire plus avant une autre attaque comme celle de Paris », a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, devant la commission des forces armées du Sénat américain, en référence aux attentats revendiqués par le groupe EI qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris.


M. Carter a en outre assuré que les États-Unis étaient « prêts à aider l’armée irakienne avec des moyens additionnels » pour l’aider à « finir le travail » à Ramadi, « y compris des hélicoptères d’attaque et des conseillers militaires accompagnant » les forces irakiennes « si le premier ministre irakien [Haider al-Abadi] le demande ».

C’est notamment grâce aux frappes aériennes de la coalition internationale, dirigée par les États-Unis, que les forces irakiennes ont repris mardi le quartier de Tamim, dans le sud-ouest de Ramadi, à 100 km de Bagdad.

Cette avancée est vue comme une étape significative dans la reconquête de Ramadi, une ville conquise en mai 2015 par les djihadistes, et qui constitue un point stratégique du « califat » autoproclamé du groupe EI.

Des forces locales se sont déployées mercredi pour contrôler le territoire reconquis.

La police locale « a quitté Habbaniyah [plus à l’ouest] pour assurer le contrôle de Tamim », a déclaré à l’AFP un conseiller local d’une province voisine, Ali Daoud. Une source militaire a parlé d’une force d’environ 500 combattants.

« La libération de Tamim […] permet à d’autres forces d’avancer vers le centre-ville de Ramadi », a déclaré le porte-parole des services de lutte antiterroriste irakiens, Sabah al-Nomane.

Ces derniers mois, les forces irakiennes ont coupé de plus en plus de lignes de ravitaillement du groupe EI autour de Ramadi, s’emparant de secteurs en banlieue. Elles doivent maintenant avancer dans la partie nord de Ramadi pour tenter d’encercler les djihadistes avec l’objectif de reprendre la ville entière.

2 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 10 décembre 2015 06 h 45

    De belles paroles

    En dépit des attentats de Paris, l'État islamique est encore vu comme une occasion d'affaires par les pays producteurs d'armements; l'insécurité qu'il génère dans les pays voisins incite ces derniers à acheter des armes auprès des pays qui dirigent la coalition anti-État islamique.

    Les bombardements ont créé la crise migratoire : encore plus de bombardements accentue cette crise.

    Les États-Unis seront serieux le jour où ils s'attaqueront aux sources de financement du califat. Or la seule sur laquelle on peut agir, c'est la production de pétrole (très peu touchée par les bombardements jusqu'ici). Or bombarder un site d'extraction pétrolière cause très peu de victimes civiles, contrairement au bombardement des villes densément peuplées de Syrie et d'Irak.

  • Yves Corbeil - Inscrit 10 décembre 2015 10 h 50

    Pourquoi ne font-ils pas du recrutement chez eux

    Ils ont une ressource infinie de maniaques des armes qui semblent incapable de s'empêcher de tirer sur tout ce qui bouge. Ils devraient les recrutés comme volontaires pour aller assouvir leurs besoins sur le terrain là-bas. Ça contribuerait à régler une parti des problèmes au deux endroits, une pierre deux coups.