Syrie - Obama réunit son équipe de sécurité nationale

Washington — Les forces navales américaines se rapprochaient de la Syrie samedi, alors que le président Barack Obama étudiait ses options pour répondre à l'utilisation alléguée d'armes chimiques par les forces du régime de Bachar al-Assad.

Le président Obama a souligné qu'une intervention rapide dans la guerre civile en Syrie était problématique, compte tenu des discussions internationales qui devraient précéder une éventuelle frappe militaire.

La Maison-Blanche a indiqué que le président rencontrerait samedi son équipe de sécurité nationale pour étudier les prochaines étapes que les États-Unis pourraient entreprendre. Des responsables ont affirmé qu'une fois les faits établis, M. Obama prendrait une décision sur la façon de procéder.

Le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, a refusé de discuter précisément des mouvements de troupes, mais a affirmé que le président avait demandé au Pentagone de préparer des options militaires pour la Syrie.

Des responsables de la Défense ont déclaré à l'Associated Press que la marine avait envoyé un quatrième navire de guerre armé de missiles balistiques dans l'est de la Méditerranée, sans toutefois avoir donné d'ordres immédiats en vue d'un tir de missile en Syrie.

Les navires de guerre américains peuvent entreprendre toute une série d'actions, notamment lancer des missiles de croisière Tomahawk, comme ils l'ont fait en Libye en 2011 dans le cadre d'une opération internationale ayant mené à la chute du dictateur Mouammar Kadhafi.

M. Hagel a indiqué que les États-Unis coordonnaient leurs efforts avec la communauté internationale pour tenter de comprendre ce qui s'est produit près de Damas plus tôt cette semaine.

Le président Obama hésite à s'impliquer dans une guerre qui a fait plus de 100 000 morts et qui met maintenant en scène le Hezbollah et Al-Qaïda.

«Si les États-Unis vont de l'avant et attaquent un autre pays sans mandat de l'ONU et sans preuve claire qui peut être présentée, il y a des questions qui se posent quant à ce que permet le droit international. Avons-nous la coalition nécessaire pour que ça fonctionne?», a déclaré M. Obama vendredi. «Ce sont des considérations dont nous devons tenir compte.»

355 morts selon Médecins sans frontière

Par ailleurs, Médecins sans frontières a affirmé samedi que 355 personnes présentant des « symptômes neurotoxiques » sont mortes après l'attaque chimique alléguée survenue cette semaine près de la capitale syrienne.

L'organisation internationale a affirmé samedi que les trois hôpitaux qu'elle soutient dans la région de Damas ont rapporté avoir reçu quelque 3600 patients qui présentaient de tels symptômes, durant une période de moins de trois heures mercredi matin.

Les militants de l'opposition accusent le gouvernement syrien d'avoir mené une attaque avec des gaz toxiques dans les banlieues à l'est de Damas mercredi. Le nombre de victimes rapportées va de 136 à plus de 1300. Il s'agirait de la pire attaque chimique depuis le début de la guerre civile en Syrie, en mars 2011.

La chef du désarmement des Nations unies est arrivée dans la capitale syrienne, samedi, pour tenter de convaincre le président Bachar al-Assad de laisser les experts de l'ONU enquêter sur l'attaque alléguée.

Angela Kane, envoyée par le secrétaire général de l'ONU pour réclamer une enquête rapide sur la présumée attaque chimique, ne s'est pas adressée aux journalistes à son arrivée en Syrie.

Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et la Russie ont tous demandé au régime syrien et aux rebelles qui le combattent de coopérer avec les Nations unies et de permettre aux experts qui sont déjà présents en Syrie de se pencher sur l'attaque alléguée.

Les forces navales américaines se rapprochaient de la Syrie samedi, alors que le président Barack Obama étudiait ses options pour répondre à l'utilisation alléguée d'armes chimiques par les forces gouvernementales syriennes.

Le régime syrien nie toute implication dans l'attaque présumée et affirme que ces allégations sont « sans fondement » et ne visent qu'à discréditer le gouvernement.

Samedi, les médias officiels syriens ont rapporté que des soldats gouvernementaux ayant participé à une offensive dans un quartier de la capitale tenu par les rebelles avaient éprouvé de graves troubles respiratoires.

L'agence de presse officielle SANA annonce plusieurs cas de « suffocation » parmi les soldats qui ont tenté de reprendre le quartier Jobar, dans l'est de Damas, samedi matin.

SANA affirme que des ambulances ont transporté les soldats affectés dans des hôpitaux pour qu'ils reçoivent des traitements. L'agence n'a pas diffusé de photos des soldats souffrants.

Les médias officiels semblent laisser entendre que les rebelles à Jobar ont utilisé des agents chimiques contre les troupes gouvernementales.


Les experts de l'ONU déjà présents en Syrie ont pour mission d'enquêter sur trois précédentes attaques alléguées à l'arme chimique: une dans le village de Khan al-Assal, près d'Alep, en mars, et deux autres dont l'emplacement est gardé secret pour des raisons de sécurité.


Il a fallu des mois de négociations entre l'ONU et le gouvernement syrien avant qu'un accord soit conclu pour permettre à l'équipe de 20 experts de se rendre en Syrie pour enquêter. Le mandat des experts se limite toutefois aux trois précédentes attaques alléguées, et ils n'ont pas pour tâche de déterminer quel camp est responsable des attaques.
 
5 commentaires
  • Bernard Leblanc - Inscrit 24 août 2013 23 h 30

    Associated Press sait tout, même sans enquête?

    On écrit :«Il a fallu des mois de négociations entre l'ONU et le gouvernement syrien avant qu'un accord soit conclu pour permettre à l'équipe de 20 experts de se rendre en Syrie pour enquêter.» :

    Qu’est-ce que l’on veut nous faire avaler? Que «Dark Vader Al-Assad» voulait donner une crédibilité à l’ONU en lui donnant matière à enquête en profitant de son arrivée pour gazer ses citoyens?...

    Ce qui est vraiment rigolo, c’est Le mandat des supposés experts! En effet, il se limite aux trois précédentes attaques alléguées, et ils n'ont pas pour tâche de déterminer quel camp est responsable des attaques. Lol

    Pourtant les journaux occidentaux parlent du monstre Al-Assad qui a gazé son peuple!... Comment le peuvent-ils? À se jour on ne sait même pas ce qui c’est passé les mois précédents? Aurions- nous des journalistes devins?

    Ah!... Je comprends! «Associated Press» sait tout, même sans enquête.

    • Jean Beaulieu - Inscrit 25 août 2013 08 h 08

      D'autant plus que c'est la Syrie qui avait demandé a l'ONU de venir enquêter sur Khan al Assal en mars dernier (26 personnes tuées dont 10 soldats, les images des victimes à la peau ravagée avaient été publiées dans leurs médias). Mais à peine quelques jours plus tard les rebelles affimaient qu'Assad utilisait des armes ailleurs et la France, les USA et l'Angleterre insistaient pour que cette équipe se rende ailleurs en priorité et qu'ils n'enquêtent que brievement sur Khan al Assal. Les Russes et la Syrie en avait tiré leurs conclusions.
      La même tactique avait été utilisée en Irak et ce n'est que des années plus tard quón a eu la confirmation que les Américains avaient infiltré l'équipe de l'ONU avec ses agents

  • Daniel Lambert - Inscrit 25 août 2013 06 h 34

    Non indifférence mais non ingérence

    J'espère quee els États-Unis respecteront le choix de la Syrie de mater les rebelles islamistes qui essaient d'établir une république islamique pour remplacer le gouvernement en place.

    Les États Unis qui ont combattu les terroristes d'Al Qaeda ne semblent pas comprendre que la Syrie a affaire aux mêmes terroristes qu'ils ont combattu en Irak et en Afghanistan.

    • Jean Beaulieu - Inscrit 25 août 2013 09 h 14

      Oh, ils ne sont pas si inquiet que ça de voir les islamistes aider à la destruction et la balkanisation de la Syrie, du moment qu'une guerre shiites-sunnites est enclanchée et que cela nuit au Hezbullah, c'est le but.

    • Daniel Lambert - Inscrit 25 août 2013 11 h 01

      Le pays est en train de devenir un champ de bataille par procuration entre combattants chiites et sunnites venus de l'étranger. Derrière la haine inter-religieuse, une sérieuse confrontation géopolitique entre les pays du Golfe, l'Iran, et l'Occident.

      La guerre civile dont vous parlez est loin d'être enclenchée... comme vous dites!