Le fief du Hezbollah à Beyrouth attaqué

La puissante explosion d’une voiture piégée dans la banlieue sud de Beyrouth a été revendiquée par un gropuscule se réclamant des rebelles syriens.
Photo: Hussein Malla Associated Press La puissante explosion d’une voiture piégée dans la banlieue sud de Beyrouth a été revendiquée par un gropuscule se réclamant des rebelles syriens.

Beyrouth — Au moins 18 personnes ont été tuées jeudi par une voiture piégée dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah qui combat au côté du régime de Bachar al-Assad les insurgés en Syrie.

 

La puissante explosion, revendiquée par un groupuscule inconnu se réclamant des rebelles syriens, sonne comme un défi au chef du mouvement chiite Hassan Nasrallah qui a affirmé la veille avoir pris des mesures pour éviter un second attentat après celui du 9 juillet dans ce quartier. Selon une source militaire, au moins 16 personnes ont été tuées et plus de 200 blessées dans la déflagration survenue à un carrefour de Roueiss, un secteur densément peuplé de la banlieue chiite. Une centaine devront passer la nuit à l’hôpital.

 

Un habitant a raconté sur une chaîne libanaise avoir vu une fourgonnette tourner trois fois dans le secteur, comme si elle recherchait un endroit pour se garer, avant d’exploser en pleine rue.

 

Un autre témoin a parlé de véritable « séisme ».

 

Un photographe de l’AFP a vu des voitures en feu, des corps calcinés et l’entrée de deux immeubles en flamme obligeant les pompiers à utiliser leurs échelles pour faire descendre des occupants bloqués dans leur appartement. Certains portaient des masques pour éviter d’être asphyxiés. Des hommes de sécurité en civil du Hezbollah étaient présents en masse près du site, d’où s’élève une épaisse fumée noire.

 

La chaîne du Hezbollah, Al-Manar, a montré une foule paniquée et en colère attroupée sur les lieux. « Le terrorisme frappe de nouveau la banlieue sud », a commenté le présentateur d’Al-Manar pour qui le parti chiite « paye le prix de sa position ».

 

Le Hezbollah, un allié indéfectible du régime Assad et qui combat depuis des mois avec ses troupes contre les rebelles en Syrie, est devenu la bête noire des insurgés syriens, en majorité des sunnites. Un groupuscule inconnu ayant une forte connotation sunnite, « les compagnies d’Aïcha oum el-Mou’minine » (du nom de l’épouse favorite de Mahomet), a revendiqué dans une vidéo l’attentat, sans qu’il soit possible de l’authentifier. « Hassan Nasrallah, nous t’envoyons notre deuxième puissant message, car tu ne comprends toujours pas », a indiqué un homme cagoulé lisant un communiqué aux côtés de deux hommes armés.

 

C’est le second attentat en six semaines à avoir lieu entre les secteurs populaires de Bir el-Abed et de Roueiss. Le 9 juillet, une voiture piégée avait fait une cinquantaine de blessés.

 

Les divisions sur la Syrie ont exacerbé les tensions confessionnelles dans le pays entre communautés sunnites et chiites.

1 commentaire
  • Jihad Nasr - Inscrit 16 août 2013 16 h 44

    Justifier

    Le titre et l'introduction servent à justifier implicitement l'attentat terroriste contre des civils libanais. Plus d'un million de personnes habite la banlieue sud de Beyrouth, où on trouve des partisans comme des opposants au Hezbollah. Trente pour cent de ces gens sont des musulmans sunnites. Près de 10% sont des chrétiens. En raison de la guerre internationale menée conre la Syrie, cette région a accueilli plus de 200.000 réfugiés syriens, dont quelques uns ont été tués et blessés par cet attentat terroriste.