Le Danemark tourne la page de son passeport sanitaire

Lancé en catimini début mars, le passeport sanitaire danois avait été progressivement étendu, devenant le corollaire de chaque étape de la réouverture du pays. Dès mercredi, il ne sera plus applicable que dans les boîtes de nuit.
Photo: Tom Little Agence France-Presse Lancé en catimini début mars, le passeport sanitaire danois avait été progressivement étendu, devenant le corollaire de chaque étape de la réouverture du pays. Dès mercredi, il ne sera plus applicable que dans les boîtes de nuit.

Pionnier dans l’introduction du passeport sanitaire, le Danemark a levé mercredi l’obligation de ce laissez-passer dans presque tous ses lieux publics, à quelques jours de la levée de toutes les restrictions malgré la menace d’une quatrième vague en Europe.

« C’est un jour un peu particulier », reconnaît Eric Poezevara, restaurateur à Copenhague. « On ne va pas s’en ennuyer, mais je trouve que c’était vraiment très bien de l’avoir mis en place, parce que ç’a été vraiment le point de départ de l’espoir », explique-t-il à l’AFP.

Lancé en catimini début mars pour la réouverture des zoos, le passeport sanitaire danois avait été progressivement étendu, devenant le corollaire de chaque étape de la réouverture du pays. Disponible par une application ou sur papier, sa mise en œuvre avait toujours été prévue pour être provisoire, avec une date de péremption initialement fixée au 1er octobre.

« Je pense que ça serait un peu trop de continuer à l’imposer », estime M. Poezevara, pour qui le passeport n’a jamais été source de conflit.

Pour l’un de ses clients, Torben Møhring, « si c’est à partir d’aujourd’hui que je n’ai pas à le montrer dans les restaurants, c’est agréable, mais on ne va pas en faire toute une histoire ». Comme l’immense majorité de ses concitoyens, ce publicitaire de 56 ans n’a jamais rechigné à montrer son passeport : « Ce n’est pas une question, ça ne restreint pas ma vie privée de le montrer, je n’ai pas l’impression d’être dans une prison corona », dit-il.

Avec 71,6 % de la population entièrement vaccinée, le pays scandinave de 5,8 millions d’habitants devrait retrouver bientôt un quotidien similaire à celui d’avant la pandémie.

Le « coronapas », qui certifie d’un test négatif ou d’une immunisation contre le virus (par vaccination complète ou parce qu’on a déjà contracté la COVID-19), ne doit plus être présenté à partir de mercredi que dans les boîtes de nuit, qui rouvrent ce jour. Il disparaît des salles de sport ou des salons de coiffure et n’était déjà plus obligatoire depuis le 1er août dans les musées et les salles de spectacle avec moins de 500 personnes.

71,6 %
C'est le taux de la population danoise qui est adéquatement vaccinée.

Le 10 septembre, date choisie par l’exécutif pour lever toutes les restrictions après avoir déjà relégué le masque aux oubliettes à la mi-août, il ne sera plus du tout requis.

Épidémie « maîtrisée »

« L’épidémie est maîtrisée, nous avons des taux de vaccination records », a assuré vendredi le ministre danois de la Santé, Magnus Heunicke, justifiant ainsi la levée des restrictions. Avec environ un millier de nouveaux cas par jour, le Danemark n’est « pas sorti de l’épidémie », a-t-il toutefois prévenu, assurant que le gouvernement pourrait resserrer la vis en cas de besoin.

Pour l’OMS, le Danemark, « champion de la couverture vaccinale », a les moyens d’assouplir les règles grâce à la qualité de son système de dépistage et au séquençage. « Le système de santé danois est capable de mettre en œuvre une stratégie à grande échelle de tests, qui inclut le séquençage génomique », a indiqué lundi le directeur pour l’Europe de l’organisation onusienne, Hans Kluge.

La levée des restrictions et la disparition du « coronapas », combinées à la prévalence du variant Delta, pourraient entraîner une flambée des cas chez les non-vaccinés, ont toutefois prévenu des scientifiques.

« On ne voit pas très bien dans la boule de cristal. Mais il est très réaliste de penser qu’environ la moitié de la population non vaccinée sera infectée au cours des trois ou quatre prochains mois », entraînant une hausse des hospitalisations, a déclaré à l’agence Ritzau l’épidémiologiste Viggo Andreasen, de l’Université de Roskilde.

De quoi jeter un doute sur la disparition définitive du passeport sanitaire. « Peut-être que, d’ici le mois d’octobre, novembre, il sera réimposé parce qu’il y aura une relance de l’épidémie, et là, on s’y remettra », juge M. Poezevara.

Après une première phase d’application stricte au printemps qui avait vu les Danois se précipiter dans les centres de tests, les contrôles s’étaient relâchés en pratique durant l’été, malgré des amendes pouvant s’élever jusqu’à 45 000 couronnes (9000 $CA).

L’entrée au Danemark reste toutefois encore sujette à la présentation d’un passeport sanitaire ou d’un test de dépistage négatif à la COVID-19.

La campagne de la 3e dose est lancée en France

La campagne de rappel de vaccination contre la COVID-19, dite de troisième dose, a été lancée mercredi en France auprès des personnes les plus âgées et les plus vulnérables, afin de compenser la baisse d’efficacité des vaccins après plusieurs mois.

Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, a précisé, lors d’un point de presse, que 200 000 personnes avaient déjà pris rendez-vous pour une dose de rappel. La France a lancé mercredi cette campagne de rappel auprès des plus de 80 ans, des immunodéprimés et d’autres personnes jugées à très haut risque de développer une forme grave de COVID-19, comme les personnes atteintes d’un cancer en cours de traitement ou les patients dialysés.

Cette campagne — régulièrement qualifiée de troisième dose, car la très grande majorité des vaccinés ont reçu deux injections des vaccins Pfizer-BioNTech, Moderna ou AstraZeneca — sera étendue au cours des prochaines semaines à tous les plus de 65 ans, ainsi qu’à d’autres personnes risquant de développer une forme grave de la COVID-19, comme celles qui souffrent d’obésité ou de diabète. Au total, le ministère de la Santé estime que 18 millions de Français seront concernés par cette campagne de rappel, étant donné que les vaccins injectés il y a quelques mois donnent des signes d’affaiblissement, notamment face au variant Delta, plus contagieux.



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