Risque de marée noire sur les côtes nord de Chypre

«Ce n’est pas un problème qui concerne uniquement Chypre-Nord. Nous devons agir ensemble avec le Sud», a affirmé Cemaliye Ozveren Ekinci, présidente de la Chambre des ingénieurs en environnement de la République turque de Chypre du Nord, dont on voit ici les côtes de Kyrenia.
Photo: Petros Karadjias Archives Associated Press «Ce n’est pas un problème qui concerne uniquement Chypre-Nord. Nous devons agir ensemble avec le Sud», a affirmé Cemaliye Ozveren Ekinci, présidente de la Chambre des ingénieurs en environnement de la République turque de Chypre du Nord, dont on voit ici les côtes de Kyrenia.

Une nappe de pétrole formée à la suite d’une fuite d’hydrocarbures dans une centrale électrique syrienne menace d’atteindre les côtes nord de Chypre, alors que des appels pour une action commune des deux parties de l’île divisée se sont multipliés mardi.

Selon un responsable de l’autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN), une nappe contenant 20 000 tonnes de pétrole s’est formée en Méditerranée à la suite d’une fuite d’hydrocarbures survenue la semaine dernière à la centrale électrique de Banias, ville côtière syrienne à quelque 160 kilomètres de Chypre.

« Nous faisons face à une très grande catastrophe. On parle de 20 000 tonnes de pétrole. […] La nappe est à 32 km au large des côtes chypriotes », a affirmé Erol Adalier, du centre de plongée Deep Diving Center, qui participe aux opérations pour contenir la propagation de la nappe dans la péninsule de Karpas, dans le nord de l’île.

Côté syrien, le ministre de l’Électricité a annoncé qu’entre deux et quatre tonnes de fioul s’étaient échappées de la centrale.

Collaboration nécessaire

Selon M. Adalier, la Chypre du Nord manque des moyens pour faire face à cette marée noire et une coopération internationale est nécessaire.

La Turquie, seule à reconnaître la République turque de Chypre du Nord (RTCN), a envoyé des équipes et des navires d’intervention, a annoncé lundi le vice-président turc Fuat Oktay.

Mais pour de nombreux experts, une action commune avec la République de Chypre s’impose.

« Ce n’est pas un problème qui concerne uniquement Chypre-Nord. Nous devons agir ensemble avec le Sud », a affirmé Cemaliye Ozveren Ekinci, présidente de la Chambre des ingénieurs en environnement de la Chypre du Nord, à l’agence chypriote turque TAK.

« Un plan d’action commune doit être établi avec les interlocuteurs chypriotes grecs. Ce qu’il faut faire pour l’avenir commun de notre île doit être soumis aux leaders politiques », a de son côté déclaré la Chambre des ingénieurs en géologie de Chypre-Nord.

Chypre est divisé depuis 1974 entre la République de Chypre — membre de l’Union européenne — qui exerce son autorité dans le Sud, et la République turque de Chypre-Nord, autoproclamée en 1983 et uniquement reconnue par la Turquie.

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