Près de 240 000 manifestants dans les rues de France contre le passeport sanitaire

Environ 237 000 personnes ont défilé samedi en France pour le quatrième week-end consécutif contre le passeport sanitaire.
Photo: Sebastien Salom-Gomis Agence France-Presse Environ 237 000 personnes ont défilé samedi en France pour le quatrième week-end consécutif contre le passeport sanitaire.

Près de 240 000 Français ont participé samedi à des manifestations organisées pour le quatrième week-end consécutif contre un passeport sanitaire obligatoire pour aller au restaurant ou prendre le train, deux jours avant son entrée en vigueur.

En fin d’après-midi, les autorités ont recensé 198 actions dans tout le pays, 35 interpellations ainsi que sept blessés légers au sein des forces de l’ordre.

Le ministère de l’Intérieur avait compté au moins 204 000 manifestants le 31 juillet.

Les manifestations de samedi ont eu lieu au lendemain d’un nouvel appel pressant lancé par le président Emmanuel Macron : « Faites-vous vacciner ».

Près de 66 % de la population française a reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19. La maladie a fait plus de 112 000 morts en France.

« Macron, ton pass, on n’en veut pas ! », « Macron, ta gueule, on n’en veut plus ! » : à Paris, des slogans hostiles au chef de l’État ont résonné dans plusieurs cortèges, qui ont rassemblé au total quelque 17 000 personnes, très encadrées par les gendarmes.

Masqué, Alexandre Fourez, 34 ans, assure manifester « pour la première fois », lui qui a déjà eu la COVID-19. « Le problème avec le pass sanitaire, c’est qu’on nous force la main », dit cet employé dans le marketing, qui a « vraiment du mal à croire que son application va être provisoire ».

 

Une bonne partie des manifestants conteste le fait que le passeport soit imposé, y voyant une « obligation vaccinale déguisée ». Ils jugent la contrainte disproportionnée et s’inquiètent notamment qu’un employeur puisse suspendre le contrat de travail d’un employé dépourvu de passeport sanitaire en règle.

D’autres manifestants disent refuser d’être « les cobayes » des nouveaux vaccins, comme Martine Rodriguez, 74 ans, une professeure de yoga retraitée, « pas contre les vaccins » auparavant, mais persuadée que « la COVID-19 a été créée pour éliminer des gens parce qu’on est trop sur Terre ».

« Pas nécessairement antivaccin », Stéphane, 50 ans, manifeste avec sa femme et leurs deux adolescents. « Ça me dérange qu’on oblige à faire ce vaccin et ça me fait peur pour mes enfants », dit ce salarié dans l’informatique, qui redoute d’éventuels effets secondaires encore inconnus.

Affluence dans le Sud

La loi qui élargit le passeport sanitaire à de nouveaux lieux publics et instaure une obligation vaccinale pour les soignants a été publiée au Journal officiel vendredi.

À partir de lundi, il faudra présenter un certificat de vaccination, un résultat de test PCR négatif à la COVID-19 ou un certificat de rétablissement de la maladie pour avoir accès aux cafés, restaurants, salles de spectacles et salons professionnels ou encore pour faire un long trajet à bord d’un avion, d’un train ou d’un autobus.

Toutefois, dans la foulée de la mobilisation de samedi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé des assouplissements dans l’application du passeport sanitaire. Désormais, « un dépistage négatif sera valide 72 heures et non plus 48 heures pour les non vaccinés » et « il sera possible d’effectuer des autotests supervisés par un professionnel de santé, en plus des tests antigéniques et PCR. Eux aussi seront valables 72 heures », a-t-il dit dans un entretien avec le journal Le Parisien à paraître dimanche.

Les autorités font valoir que le nombre des hospitalisations en soins critiques (plus de 1500) continue d’augmenter, comme celui des morts (32 samedi) et des contaminations quotidiennes (25 755). La situation se dégrade en particulier dans les Antilles et notamment en Guadeloupe, confinée depuis mercredi.

À Paris, un rassemblement s’est déroulé à l’appel de Florian Philippot, l’ancien numéro 2 du parti d’extrême droite Rassemblement national.

Suzanne Petit, 65 ans, une retraitée qui dit multiplier les petits boulots pour « joindre les deux bouts » et militante de longue date, y a dit à l’AFP : « J’observe les mesures barrières, je porte le masque et j’ai peur de cette maladie, mais encore plus du vaccin. »

Comme la semaine dernière, l’affluence a été particulièrement forte dans le Sud.

Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (sud-est), au moins 37 000 personnes ont manifesté, de Nice (10 000) à Toulon (19 000) et Marseille (6000), selon les autorités.

Non loin de là, à Milan, dans le nord de l’Italie, des milliers de personnes ont également défilé contre le passeport sanitaire récemment instauré, certaines portant des badges en forme d’étoiles jaunes avec la mention « Non vacciné ».

Un millier d’autres se sont rassemblées dans le centre de Rome aux cris de « Pas de laissez-passer vert ! » et de « Liberté ! ».

Le passeport vert, une extension du certificat numérique COVID de l’UE, est devenu obligatoire vendredi dans ce pays pour entrer dans les cinémas, les musées et les salles de sport couvertes ou pour manger à l’intérieur dans les restaurants.



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