La reine Élisabeth II promet de traiter les accusations de racisme

La reine Élisabeth II a témoigné son amour au couple formé par Harry et Meghan.
Photo: John Stillwell Archives Agence France-Presse

La reine Élisabeth II a témoigné son amour au couple formé par Harry et Meghan.

Deux jours après les confessions choc de Meghan Markle et du prince Harry à Oprah Winfrey, la reine Élisabeth II est sortie de son silence mardi, promettant de traiter « en privé » les accusations de racisme lancées par le couple qu’elle assure prendre « très au sérieux ».

L’entrevue à la télévision américaine du duc et de la duchesse de Sussex, diffusée dimanche soir, a plongé la famille royale britannique dans une nouvelle crise. Vue par 17 millions d’Américains et 11 millions de téléspectateurs au Royaume-Uni, elle fait écho à celle accordée par la princesse Diana, la mère de Harry, en 1995. Elle avait alors raconté ses déboires conjugaux et levé le voile sur sa vie au sein de la monarchie.

Elle a tragiquement perdu la vie deux ans plus tard dans un accident de voiture à Paris, pourchassée par des paparazzis.

Secousses royales

Sous pression, le palais de Buckingham a publié mardi un communiqué au nom de la reine, fait rare à la mesure du séisme secouant la famille royale. Elle est accusée depuis dimanche de s’être montrée insensible par rapport aux pensées suicidaires de Meghan et, à travers un membre non nommé, de s’être interrogée sur la couleur de peau de leur futur enfant.

« Toute la famille est attristée d’apprendre à quel point ces dernières années ont été difficiles pour Harry et Meghan », indique le très court texte, soulignant que le couple et leur fils Archie « seront toujours des membres de la famille très aimés ».

Installés depuis un an en Californie, Meghan Markle, 39 ans, et le prince Harry, 36 ans, ont mis en cause une pression médiatique intenable, le racisme des médias britanniques et l’incompréhension de la famille royale face à leur situation pour expliquer leur retrait de la monarchie. Ils ont dressé un portrait sombre de la « firme » qui a, selon l’ancienne actrice américaine, refusé l’aide qu’elle réclamait lorsqu’elle était en proie à des idées noires.

Le couple a également fait état de conversations au sein de la famille royale sur la couleur de peau qu’aurait leur fils, aujourd’hui âgé de 22 mois, avant sa naissance. Car Meghan est métisse.

Sur l’identité de la personne ayant posé cette question, le couple a tenu à faire savoir qu’il ne s’agissait ni de la reine Élisabeth II, 94 ans, ni de son mari, le prince Philip, 99 ans, actuellement hospitalisé. Des membres du gouvernement britannique craignent que ces accusations n’entament durablement l’aura de la monarchie, dans un pays récemment amené à s’interroger sur son passé colonial dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, et ne remette en cause dans la foulée l’organisation du Commonwealth, chère à la reine.

Les jeunes soutiennent le couple

Les Britanniques se montrent divisés concernant le couple, auquel une partie de la presse reproche d’affaiblir la monarchie par intérêt personnel. Selon un sondage de l’institut YouGov, ils sont la même proportion (32 %) à trouver qu’ils ont été traités justement ou injustement par la famille royale. Mais 61 % des 18-24 ans trouvent qu’ils n’ont pas été traités de manière équitable.

Le premier ministre Boris Johnson a refusé de sauter dans le débat, se contentant d’exprimer sa « plus grande admiration » pour Élisabeth II. Mais un proche de M. Johnson, le secrétaire d’État chargé du Pacifique, Zac Goldsmith, a écrit sur son compte Twitter que « Harry dynamite sa famille ».

L’interview continue de susciter des discussions enflammées. Piers Morgan, célèbre présentateur et féroce critique de Meghan Markle, a mis en doute les propos de la duchesse dans une émission de lundi et claqué la porte de son propre studio lors d’un autre débat houleux sur le sujet mardi. Il va finalement quitter son émission Good Morning Britain, a annoncé son employeur, la chaîne ITV.

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