L’Europe entrevoit une volée de mesures de confinement plus strictes

Cet appel survient alors que les 27 se réunissent en soirée lors d’un sommet, en visioconférence, consacré à la lutte contre la pandémie: limitation des déplacements transfrontaliers, accélération de la vaccination, mise en place d’un certificat commun seront au menu des discussions.
Photo: Pool / AFP Cet appel survient alors que les 27 se réunissent en soirée lors d’un sommet, en visioconférence, consacré à la lutte contre la pandémie: limitation des déplacements transfrontaliers, accélération de la vaccination, mise en place d’un certificat commun seront au menu des discussions.

L’Europe doit se préparer à une parade encore plus sévère face à la progression de nouveaux variants du coronavirus, avertissent jeudi les autorités sanitaires, au moment où les 27 se réunissent à nouveau pour trouver une réponse commune à la crise de la COVID-19.

« Le message essentiel est de se préparer à une escalade rapide de la rigueur des mesures [pour contrer le virus] dans les semaines à venir afin de préserver les capacités de soins ainsi que d’accélérer les campagnes de vaccination », a prévenu l’agence européenne chargée des épidémies, basée à Stockholm. Le Centre de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui regroupe les 27 pays de l’UE ainsi que le Royaume-Uni, la Norvège et l’Islande, a également relevé à « élevé/très élevé » son évaluation des risques sanitaires liés aux nouveaux variants.

Cet appel survient alors que les 27 se réunissent en soirée lors d’un sommet, en visioconférence, consacré à la lutte contre la pandémie : limitation des déplacements transfrontaliers, accélération de la vaccination, mise en place d’un certificat commun seront au menu des discussions.

Le variant anglais continue de se propager dans le monde, touchant au moins 60 pays et territoires, et inquiète de nombreux États. Dernières mesures en date : le Parlement néerlandais a approuvé jeudi soir un couvre-feu nocturne (à 21h) et le Portugal a annoncé la fermeture de ses écoles, crèches et universités pendant 15 jours pour maîtriser l’explosion des cas.

Un nouveau confinement « deviendrait probablement une nécessité absolue » si la circulation de ce variant augmentait « de façon sensible » en France, a prévenu de son côté le ministre de la Santé, Olivier Véran.

En Afrique, la deuxième vague de l’épidémie de COVID-19 se révèle également plus meurtrière. Le taux de mortalité y dépasse désormais la moyenne mondiale (2,5 % contre 2,2 %), a annoncé jeudi le Centre de contrôle et de prévention des maladies africain. Jeudi, le variant sud-africain a été identifié au Kenya.

60
C’est le nombre de pays et de territoires où circule le variant anglais du coronavirus.

La Sierra Leone, l’un des pays les plus pauvres du monde, a annoncé jeudi qu’elle connaissait une augmentation « exponentielle » des cas de COVID-19. Elle a décidé de boucler la capitale, Freetown, et de rétablir un couvre-feu dans tout le pays.

Éclosion à Shanghai

La Chine a de son côté procédé jeudi à l’évacuation d’un quartier résidentiel du centre de Shanghai, après la découverte d’au moins trois cas de COVID-19, les premiers signalés dans la gigantesque métropole chinoise depuis début novembre.

Les autorités chinoises avaient fait état mercredi de premiers cas à Pékin liés au variant anglais et annoncé le confinement strict de cinq quartiers de la banlieue sud de la capitale chinoise.

Au Liban, le confinement strict a été prolongé de deux semaines. « Selon les critères de l’OMS, le Liban est actuellement au niveau 4 : une épidémie incontrôlée, avec des capacités supplémentaires limitées pour le système de santé », a écrit sur Twitter Firass Abiad, directeur du principal hôpital public mobilisé dans la lutte contre le coronavirus.

Le variant sud-africain du coronavirus se diffuse, lui, plus lentement et est présent dans 23 pays et territoires, soit trois de plus qu’au 12 janvier, a précisé l’OMS. L’OMS a aussi dit suivre la diffusion de deux autres variants apparus au Brésil, le P1, signalé dans l’État de l’Amazonas et détecté aussi au Japon sur quatre personnes venues du Brésil, et un autre variant.

Face à une situation de plus en plus hors de contrôle, la vaccination de masse se poursuit. Plus de 54 millions de doses de vaccins contre la COVID-19 ont été administrées dans au moins 63 pays ou territoires, selon un comptage réalisé par l’AFP à partir de sources officielles jeudi. Mais l’accès aux vaccins est très inégal, 12 pays concentrant plus de 90 % des doses injectées.

Le site du plus grand fabricant de vaccins au monde, l’Institut Serum (Serum Institute of India), a été le théâtre jeudi d’un incendie qui a fait cinq morts. Un énorme nuage de fumée grise s’est élevé au-dessus des installations où sont produites des millions de doses du vaccin développé par AstraZeneca et l’Université d’Oxford, à Pune. Toutefois, l’entreprise assure que le feu n’a pas affecté sa production.

La pandémie a fait au moins 2 075 698 morts dans le monde, selon un bilan établi jeudi par l’AFP à partir de sources officielles.

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