L’Europe et l’Amérique du Nord aux antipodes

Mardi, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé que les messes pourraient être tenues à nouveau dès le 28 novembre avec un maximum de 30 personnes.
Photo: Jean-François Monier Agence France-Presse Mardi, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé que les messes pourraient être tenues à nouveau dès le 28 novembre avec un maximum de 30 personnes.

La France a annoncé mardi, à la faveur d’une baisse des contaminations, un allègement gradué des restrictions instaurées contre la COVID-19, espérant même une levée du confinement le 15 décembre, une stratégie des petits pas adoptée par d’autres pays d’Europe occidentale à l’approche de Noël.

En Amérique du Nord, au contraire, le nombre des cas progresse de manière exponentielle aux États-Unis et la situation est jugée « extrêmement sérieuse » dans la province canadienne de l’Ontario.

Dans ce contexte, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère qu’un Noël en petit comité, sans grandes réunions de famille, est sans doute « la meilleure option » en ces temps de pandémie.

En France, si la situation sanitaire continue de s’améliorer, le confinement sera levé le 15 décembre pour être alors remplacé par un couvre-feu national de 21 h à 07 h, avec une exception pour les soirées du 24 et du 31 décembre où la circulation sera libre, a déclaré mardi le président Emmanuel Macron dans un discours à la nation.

Il a en outre annoncé un premier allègement pour samedi avec la réouverture des commerces non essentiels fermés un mois plus tôt. Les déplacements seront également permis dans un rayon de 20 km et pendant trois heures, au lieu de 1 km et d’une heure aujourd’hui. Mais si les librairies ou les fleuristes pourront rouvrir ce jour-là, ces magasins devront baisser leurs rideaux à 21 h, tandis que bars, restaurants, salles de sport et discothèques garderont portes closes. Cette stratégie prudente est aussi celle d’autres pays d’Europe occidentale.

 
Pas un Noël «normal»
 

L’Angleterre, après quatre semaines de confinement, va ainsi revenir, début décembre, à une réouverture des magasins non essentiels et à une reprise, par exemple, des services religieux, le tout accompagné d’un programme de dépistage massif.

« Cela ne peut pas être un Noël normal et le chemin est long jusqu’au printemps », a averti le premier ministre britannique, Boris Johnson.

Néanmoins, le gouvernement a décidé mardi d’alléger juste avant et peu après cette fête les restrictions au Royaume-Uni.

Trois foyers différents pourront se rassembler au même endroit et uniquement sur une période de cinq jours maximum, du 23 au 27 décembre, et les familles pourront se déplacer sur tout le territoire.

Même son de cloche en Allemagne, où les Länder plaidaient mardi pour une limitation à 10 personnes issues de plusieurs foyers le nombre des participants aux Fêtes de Noël et du Nouvel An. Les enfants de moins de 14 ans ne seraient pas inclus dans ce chiffre et les régions conseillent une mise en quarantaine des participants avant et après ces fêtes.

Campagnes de vaccination

 

L’Espagne, de son côté, entamera une campagne de vaccination en janvier, donnant la priorité aux personnes âgées en maison de retraite, très touchées par la pandémie, ainsi que le personnel de ces résidences, a annoncé le gouvernement mardi.

Quant aux premières vaccinations en France, elles devraient être proposées aux « plus fragiles », sans être obligatoires, dès fin décembre-début janvier, a souligné le même jour M. Macron.

Actuellement confinée, l’Autriche envisage, elle aussi, de commencer une campagne de vaccination dès janvier pour les personnes à risque, retraités et professionnels de la santé.

Aux États-Unis, l’immense logistique nécessaire à la distribution de millions de doses du vaccin Pfizer/BioNTech est prête, ont assuré des responsables américains qui prévoient de distribuer 6,4 millions de doses sitôt reçu le feu vert de l’Agence des médicaments (FDA) attendu pour dans moins de trois semaines. Et 40 millions avant la fin de l’année.

L’approche de la fête de Thanksgiving, l’Action de grâce américaine, jeudi, inquiète cependant les autorités sanitaires. Malgré les appels à rester chez soi, de nombreux Américains se préparent à des retrouvailles familiales. Les aéroports sont remplis comme jamais depuis le début de la pandémie et les files d’attente pour se faire tester sont interminables.

En Finlande, la capitale Helsinki va prochainement fermer lycées, bibliothèques et piscines et interdire les événements publics.

En Chine, plus de 500 vols étaient annulés mardi au départ du plus grand aéroport de Shanghai (est), la capitale économique, après la découverte de plusieurs cas de coronavirus au sein des employés du fret aérien.

Le coronavirus a fait près de 1,4 million de morts dans le monde et contaminé plus de 59,2 millions de personnes depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie dans ce pays fin décembre 2019.

Les États-Unis sont le pays qui compte le plus grand nombre de morts de la COVID-19, soit 257 707. Ils sont suivis par le Brésil (169 485), l’Inde (134 218), le Mexique (101 926) et le Royaume-Uni (55 230).

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