La France renforce ses mesures de surveillance après l’attentat de Nice

Si le recueillement était toujours de mise devant la cathédrale de Nice, plusieurs responsables politiques ont fait part de leur colère.
Photo: Valéry Hache Agence France-Presse Si le recueillement était toujours de mise devant la cathédrale de Nice, plusieurs responsables politiques ont fait part de leur colère.

Après le choc et l’émotion mondiale provoqués par l’attentat djihadiste contre une église de Nice, la France a appelé ses ressortissants vivant à l’étranger à la prudence et a renforcé la surveillance de son territoire, des lieux de cultes aux établissements scolaires.

« Le message d’urgence attentat [plus haut niveau du plan de sécurité français] a été envoyé hier soir à l’ensemble de nos ressortissants à l’étranger, quels que soient les lieux, puisque la menace est partout », a déclaré vendredi le chef de la diplomatie française,Jean-Yves Le Drian, à l’issue d’un Conseil de défense, réuni vendredi autour du président Emmanuel Macron.

Nous ne sommes pas en guerre contre une religion mais contre une idéologie, l’idéologie islamiste

 

Jeudi, Nice a été endeuillée par l’assassinat de trois personnes dans une église, quatre ans après l’attentat islamiste du 14 juillet 2016 qui avait fait 86 morts dans cette ville de la Côte d’Azur (Sud-Est). Un Tunisien de 21 ans,Brahim Issaoui, a poignardé à mort deux femmes, une sexagénaire et une Brésilienne de 44 ans vivant à Nice depuis plusieurs années, Simone Barreto Silva, mère seule de trois enfants, ainsi que le sacristain de la basilique, Vincent Loquès, 55 ans, père de deux filles. L’agresseur, lui-même grièvement blessé par la police, a été hospitalisé.

Sécuriser la fête de la Toussaint

Si le recueillement était toujours de mise devant la basilique, plusieurs responsables politiques ont fait part de leur colère, à commencer par le maire de Nice, Christian Estrosi (droite). Il a notamment appelé à « modifier la Constitution » pour pouvoir « mener la guerre »contre une idéologie qu’il qualifie d’« islamo-fascisme ». Le député du département, Éric Ciotti, également de droite, a appelé à la chaîne Cnews à la création d’« un Guantanamo à la française ». « Nous ne sommes pas en guerre contre une religion, mais contre une idéologie, l’idéologie islamiste », a de son côté déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Le Conseil de défense réuni vendredi a confirmé la mise à disposition des préfets dès lundi de 7000 membres des forces de l’ordre, pour moitié des gendarmes réservistes, pour assurer la sécurité, selon M. Darmanin. Le renforcement des mesures de sécurité autour des lieux de cultes chrétiens sera « fort » en ce week-end de fête catholique de la Toussaint, le 1er novembre. Les établissements scolaires seront aussi particulièrement protégés, avec la rentrée des classes lundi après les vacances de la Toussaint.

Deux semaines après l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty, décapité pour avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet, dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression, la tension est grande entre la France et une partie du monde musulman.

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