Un puissant séisme fait au moins 26 morts en Turquie et Grèce

La secousse s’est produite en mer Égée, au sud-ouest d’Izmir, troisième plus grande ville de Turquie.
Photo: Agence Demirören (DHA)/AFP La secousse s’est produite en mer Égée, au sud-ouest d’Izmir, troisième plus grande ville de Turquie.

Des secouristes tentaient samedi soir, à la lueur de lampes frontales, de retrouver des survivants dans les décombres d’immeubles effondrés dans l’ouest de la Turquie après un puissant séisme qui a fait 26 morts et près de 800 blessés dans le pays, mais aussi en Grèce voisine.

À Bayrakli, dans la province d’Izmir, des équipes guidées par des chiens renifleurs s’efforçaient de se frayer un passage à travers des poutres tordues et des blocs de béton, vestiges d’un immeuble d’habitation de sept étages, selon une correspondante de l'AFP.

Le tremblement de terre, dont la magnitude a été évaluée à 7 sur l'échelle de Richter par l'Institut de géophysique américain, s’est produit peu avant 9 h (2 h à Montréal) en mer Égée, au sud-ouest d’Izmir, troisième plus grande ville de Turquie, et près de l’île grecque de Samos.

Unies dans le deuil, la Turquie et la Grèce ont mis de côté leurs vives tensions pour exprimer de la solidarité, se disant prêtes à s’aider mutuellement en cas de besoin.

La magnitude du séisme a été évaluée à 7 sur l’échelle de Richter par l’Institut de géophysique américain (USGS) et à 6,8 par le centre de sismologie turc Kandilli.

En Turquie, selon l’agence gouvernementale des situations de catastrophe (AFAD), 12 personnes sont mortes, dont une par noyade, et 475 ont été blessées. En Grèce, deux adolescents ont été tués sur l’île de Samos par l’écroulement d’un mur, a indiqué la télévision publique ERT. Neuf personnes ont par ailleurs été blessées.

Signe de sa puissance, le séisme a provoqué un raz-de-marée qui a inondé les rues de Seferihisar, ville turque située près de l’épicentre, et balayé les côtes de Samos.

Dans les décombres

La secousse tellurique a provoqué l’effondrement des murs de plusieurs maisons et des inondations dans le port de Samos, selon des images diffusées par ERT. Mais c’est la côte égéenne turque, densément peuplée, qui a été la plus durement touchée ; les secouristes étaient engagés dans une course contre la montre pour extraire des survivants des décombres. Selon les secouristes turcs, 17 immeubles étaient écroulés ou fortement endommagés.

À Bayrakli, les secouristes tentaient de localiser des survivants dans les décombres d’un immeuble d’habitation de sept étages, soulevant des pans de murs à l’aide de grues.

Ayant réussi à joindre par téléphone une fillette prise au piège, ils tentaient d’obtenir des indications permettant de la retrouver, tout en la rassurant, selon les images de la TRT. « Ne t’inquiète pas, on arrive ! Je vais raccrocher pour économiser tes batteries. Diminue la luminosité de ton écran et reste calme », lui conseillait l’une de ses proches, sous la supervision d’une secouriste.

Quelque 70 personnes ont été secourues des décombres à ce stade, selon le gouverneur d’Izmir.

Plusieurs hôpitaux d’Izmir, engorgés à cause de la pandémie de nouveau coronavirus, ont transféré des patients vers d’autres établissements pour pouvoir accueillir les victimes du séisme. Les mosquées ont ouvert leurs portes pour héberger les sinistrés.

Peu après la secousse, les télévisions turques ont diffusé des images impressionnantes de nuages de poussière s’élevant dans le ciel, signalant l’effondrement de plusieurs immeubles.

Entraide entre voisins

Mettant de côté leurs vives tensions diplomatiques actuelles, Ankara et Athènes se sont engagés à s’entraider en cas de besoin, lors d’un entretien téléphonique entre le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

« Dans ces moments, nos peuples ont besoin de faire front commun indépendamment de nos différences », a écrit M. Mitsotakis sur Twitter. « Le fait que deux voisins soient solidaires dans ces temps difficiles a plus de valeur d’un grand nombre de choses », lui a répondu M. Erdoğan sur le réseau social.

Cet appel à la solidarité rappelle l’aide que la Grèce avait offerte à la Turquie après un séisme meurtrier en 1999, un geste qui avait permis un réchauffement des relations entre ces deux pays en crise. Des experts avaient alors parlé de « diplomatie du séisme ».

La France s’est jointe à ce mouvement, proposant vendredi son assistance à Athènes et Ankara, alors qu’elle est en pleine crise avec la Turquie sur de nombreux sujets diplomatiques et géopolitiques.

La Turquie et la Grèce sont situées dans une des zones sismiques les plus actives du monde.

En 1999, un séisme de magnitude 7,4 avait frappé le nord-ouest de la Turquie, faisant plus de 17 000 morts, dont un millier à Istanbul. En janvier dernier, un séisme de 6,7 avait fait une quarantaine de morts dans la province d’Elâzığ, dans l’est du pays.

En Grèce, le dernier séisme mortel, de magnitude 6,7, avait eu lieu sur l’île de Kos, proche de Samos dans l’archipel du Dodécanèse en mer Égée en juillet 2017, tuant deux personnes.