Extension du couvre-feu en France

Le couvre-feu nocturne est mis en place dans les principales villes françaises afin de lutter contre la deuxième vague du coronavirus.
Photo: Jeff Pachoud Archives Agence France-Presse Le couvre-feu nocturne est mis en place dans les principales villes françaises afin de lutter contre la deuxième vague du coronavirus.

Plus de deux Français sur trois vont devoir rester chez eux le soir à partir de samedi, en raison de l’extension du couvre-feu nocturne à une grande partie du territoire afin de lutter contre la deuxième vague du coronavirus, a annoncé jeudi le premier ministre.

46 millions de Français seront désormais concernés par ce couvre-feu, imposé de 21 h à 6 h du matin.

La situation sanitaire continue de se dégrader en France avec 41 622 nouveaux cas de COVID-19 enregistrés en 24 heures, soit 15 000 de plus que la veille, un nouveau record, selon les chiffres publiés jeudi par Santé publique France.

La France approche ainsi un million de personnes de contaminées (999 043) et le taux de positivité ne cesse de grimper à 14,3 % contre 13,7 % la veille, et seulement 4,5 % début septembre.

Le pays a enregistré 165 nouveaux décès liés au COVID-19, dans les dernières 24 heures et déplore désormais 34 210 morts depuis le début de l’épidémie.

Sur les sept derniers jours, 1627 malades du COVID-19 ont été admis en réanimation sur 10 166 nouvelles hospitalisations, indique l’agence sanitaire.

« Les semaines qui viennent seront dures et nos services hospitaliers vont être mis à rude épreuve », a prévenu Jean Castex, attendant un mois de novembre « éprouvant » et un nombre de morts qui va « continuer d’augmenter ».

Jusqu’à présent, le couvre-feu concernait 20 millions de Français, surtout dans les grandes villes, dont Paris et sa région.

Son extension à un total de 54 départements entrera en vigueur à minuit dans la nuit de vendredi à samedi, pour une durée de six semaines.

Cela signifie notamment que les bars, restaurants et commerces des zones concernées devront fermer à 21 h (15 h au Québec).

Toutes les zones concernées par le couvre-feu vont recevoir un supplément d’aides gouvernementales. La ministre de la Culture Roselyne Bachelot a aussi annoncé 115 millions d’euros pour le monde du spectacle (musique, cinéma, danse, théâtre, etc..).

Après une première vague qui a fait plus de 30 000 morts au printemps, la France, dont la population avait été confinée de mars à mai, fait face à une deuxième vague d’épidémie.

« Si nous ne réussissons pas collectivement à juguler l’épidémie, nous ferons face à une situation dramatique et nous devrons envisager des mesures beaucoup plus dures », a-t-il expliqué.

Les autorités ont présenté à la presse la nouvelle version de l’application de traçage « Tous anti-Covid », après l’échec de la première appelée « Stop COVID » et téléchargée par seulement 2,6 millions de Français (contre 15 à 20 millions d’Allemands et Britanniques).

« Il est trop tôt à ce stade pour mesurer les effets du couvre-feu, c’est la semaine prochaine que nous verrons s’il commence à réduire suffisamment la circulation virale », a ajouté Jean Castex, indiquant que les forces de l’ordre avaient effectué depuis samedi dernier 32 033 contrôles et prononcé 4777 verbalisations pour non-respect du couvre-feu.

L’exécutif entend pouvoir appliquer des mesures de restrictions de circulation, de rassemblements ou d’ouvertures des établissements au moins jusqu’au 1er avril 2021, sur tout ou partie du territoire et en fonction de la situation épidémique, selon un projet de loi.

La France n’est pas le seul pays concerné par ce regain de l’épidémie.

« Toute l’Europe est en train de flamber », a souligné jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran devant les députés, citant la République tchèque, l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Irlande ou encore l’Allemagne.