Confinements et couvre-feux en Europe face à des records de contaminations

Les restrictions se multiplient en Europe, où les bars et les restaurants ferment leurs portes et se braquent face à la deuxième vague de COVID-19. 
Photo: Lewis Joly Associated Press Les restrictions se multiplient en Europe, où les bars et les restaurants ferment leurs portes et se braquent face à la deuxième vague de COVID-19. 

Les deux tiers des Français soumis à un couvre-feu, l’Irlande et le pays de Galles confinés, des records de contaminations : la situation est « grave » en Europe, nouvel épicentre de la pandémie de COVID-19, préviennent les gouvernements.

Le continent a dépassé jeudi les huit millions de cas et les 256 000 morts, selon un bilan établi par l’AFP.

En Irlande, pour espérer pouvoir « célébrer Noël correctement », selon le premier ministre, Micheál Martin, les mesures les plus dures d’Europe sont entrées en vigueur mercredi à minuit : toute la population est reconfinée pour six semaines, les commerces non essentiels fermés, mais les écoles resteront ouvertes.

Dublin, la capitale irlandaise, avait pris jeudi des allures de ville fantôme. « C’est un peu étrange et poignant », confiait Sunniva O’Flynn, une femme de 57 ans, dans une rue quasi déserte. « Il y a de nouveau cette sorte de nuage de tristesse, cette impression que la ville est abandonnée. »

Sur Grafton Street, l’une des principales artères commerçantes de Dublin, il n’y avait aucun signe de l’effervescence habituelle.

La police irlandaise a annoncé avoir arrêté jeudi soir onze personnes qui protestaient à Dublin contre le reconfinement. Une centaine de personnes ont défilé dans le centre de la capitale sous une banderole proclamant « Mettez fin au confinement », provoquant l’intervention de policiers antiémeutes accompagnés de chiens.

Le pays de Galles sera à son tour confiné vendredi pour deux semaines. Dans le reste du Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe (44 158 morts), des restrictions plus ou moins sévères touchent 28 millions d’Anglais, dont Londres, et les pubs et restaurants sont fermés en Irlande du Nord.

En France, où plus de 41 600 cas ont été diagnostiqués en 24 heures — soit 15 000 de plus que la veille et un nouveau record —, le gouvernement a étendu jeudi le couvre-feu (de 21 h à 6 h), qui touchera à partir de samedi 46 millions de personnes à Paris et dans les principales villes, soit les deux tiers de la population, pour six semaines.

« Les semaines qui viennent seront dures et nos services hospitaliers vont être mis à rude épreuve », a prévenu le premier ministre, Jean Castex, attendant un mois de novembre « éprouvant » et un nombre de morts (déjà plus de 34 000) qui va « continuer d’augmenter ». « Toute l’Europe est en train de flamber », a lancé le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Saluée pour sa bonne gestion de la première vague épidémique au printemps, l’Allemagne (près de 9900 morts) a enregistré près de 11 300 nouveaux cas en 24 heures, un record absolu. « La situation est devenue globalement très grave », a déclaré jeudi Lothar Wieler, président de l’institut de veille sanitaire Robert Koch, alors que le ministre de la Santé, Jens Spahn, est contaminé. Les autorités ont édicté des interdictions de rassemblement et le masque obligatoire dans certaines rues de Berlin.

La République tchèque, qui comptabilise de loin le plus grand nombre de nouveaux cas et de décès pour 100 000 habitants sur les deux dernières semaines, instaurait jeudi un confinement partiel jusqu’au 3 novembre.

La Belgique a opté pour le couvre-feu et la fermeture des cafés et restaurants pour un mois, les autorités parlant d’une situation « bien pire » qu’au printemps. La ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, est aux soins intensifs.

Dans le nord de l’Italie, la Lombardie, poumon économique et région la plus touchée du pays, impose un couvre-feu à partir de jeudi pour trois semaines. La Campanie, dans le sud, suivra vendredi.

La situation continue aussi de s’aggraver en Espagne (34 366 morts), devenue le premier pays de l’UE, et le sixième au monde, à dépasser le million de cas de personnes infectées. Les autorités espagnoles ont imposé dans l’urgence de nouvelles restrictions, avec le bouclage partiel d’une dizaine de nouvelles villes et de certaines régions.

« L’épidémie se répand vite dans toute l’Europe, qui est maintenant l’épicentre », a observé la première ministre danoise, Mette Frederiksen.

Record de contaminations également au Portugal, où trois communes du Nord, soit 150 000 personnes, devront se reconfiner totalement vendredi.

Un décès lié à un test de vaccin

L’espoir d’un vaccin efficace a été assombri par la mort au Brésil d’un volontaire de complications liées à la COVID-19. Ce dernier, un médecin de 28 ans, avait participé aux tests du vaccin élaboré par l’Université d’Oxford. Il s’agit du premier décès d’un volontaire prenant part aux tests d’un des nombreux essais de vaccin en cours dans le monde.

L’Agence américaine des médicaments (FDA) a accordé jeudi une autorisation pleine au médicament antiviral remdesivir pour les malades hospitalisés du COVID-19, confirmant l’autorisation conditionnelle accordée en mai, selon son fabricant Gilead.

La pandémie a fait au moins 1 133 136 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP jeudi.