Chute vertigineuse pour Boris Johnson dans les sondages

Le gouvernement conservateur de Boris Johnson a été vertement critiqué pour ne pas avoir compris suffisamment tôt l’ampleur de la crise sanitaire.
Photo: Brian Lawless Agence France-Presse Le gouvernement conservateur de Boris Johnson a été vertement critiqué pour ne pas avoir compris suffisamment tôt l’ampleur de la crise sanitaire.

Les conservateurs de Boris Johnson ont perdu leur position de tête face à l’opposition travailliste pour la première fois depuis leur arrivée au pouvoir, selon un sondage publié dimanche, un nouvel embarras pour le dirigeant britannique, qui fait face à une rentrée difficile en pleine pandémie.

Gestion très critiquée de la pandémie dont un rebond est redouté, retour en classe critiqué, sévère récession économique, revirements embarrassants et grogne dans son propre camp… La rentrée offrira peu de répit à Boris Johnson, mobilisé sur plusieurs fronts.

Un sondage Opinium publié dimanche par The Observer place les tories et les travaillistes au coude à coude, avec 40 % des intentions de vote, pour la première fois depuis l’été 2019.

La chute est vertigineuse pour les conservateurs, grands vainqueurs des législatives de décembre : ils ont lâché 26 points en un peu plus de cinq mois après la mise en place du confinement, presque entièrement levé aujourd’hui.

Le gouvernement a été vertement critiqué pour ne pas avoir compris suffisamment tôt l’ampleur de la crise sanitaire, avec au début un manque criant d’équipements de protection pour les soignants et un dépistage indigent. Le Royaume-Uni est maintenant le pays le plus endeuillé d’Europe avec quelque 41 500 morts.

Il paie aussi le prix de nombreuses volte-face, notamment concernant l’évaluation jugée injuste des élèves des « A-levels », l’équivalent du baccalauréat français, dont les examens avaient été annulés en raison du nouveau coronavirus.

Boris Johnson aura fort à faire pour rassurer les députés de la majorité lorsqu’ils reprendront le chemin du parlement mardi.

« Trop souvent, ce gouvernement semble agir au doigt mouillé pour voir de quel côté le vent souffle. Ce n’est pas une manière durable de gouverner », déplore Charles Walker, vice-président de l’influent « comité 1922 », responsable de l’organisation parlementaire du Parti conservateur.

« Que cette approche soit intentionnelle ou accidentelle, le climat d’incertitude qu’elle crée n’est pas tenable », ajoute-t-il dans The Observer.

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C’est la baisse en points de pourcentage dans les intentions de vote des Conservateurs britanniques cinq mois depuis la mise en place du confinement, presque entièrement levé aujourd’hui

Autre sujet brûlant, la rentrée des classes la semaine prochaine en Angleterre, après des mois de fermeture partielle en raison du virus.

Devant l’inquiétude des syndicats et des parents, le gouvernement répète que les écoles sont sûres. Mais là encore, il est décrié pour des consignes changées à la dernière minute, comme le port du masque désormais requis lors des déplacements dans les établissements secondaires des régions aux taux de contamination élevés.

Les écoles devraient être épargnées par les restrictions que le ministre de la Santé, Matt Hancock, a menacé samedi de remettre en place en Angleterre en cas de nouvelle flambée épidémique cet hiver, où le virus, qui cohabitera avec la grippe, pourrait tuer jusqu’à 85 000 personnes, selon un rapport du comité scientifique chargé de conseiller le gouvernement.

Hausse des taxes ?

Autre sujet potentiel de mécontentement : l’exécutif réfléchit à une hausse des impôts qui serait « la plus importante en une génération », selon le Sunday Telegraph proche du pouvoir, pour éponger la facture de la pandémie.

Celle-ci a laissé dans son sillage la dévastation économique, avant la mise en œuvre du Brexit à la fin de l’année, qui amènera son lot de perturbations. Le PIB a enregistré une chute record de 20,4 % au deuxième trimestre, pire performance en Europe.

Pour relancer l’économie et faire revivre les centres-villes, le gouvernement encourage depuis plusieurs semaines les salariés adeptes du télétravail à revenir au bureau, alors que les grandes enseignes et les chaînes de restauration rapide licencient par milliers.

Mais selon le Telegraph, il aurait mis en suspens une vaste campagne en ce sens, prévue la semaine prochaine, de crainte d’une recrudescence du coronavirus en pleine rentrée scolaire.

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