Athènes veut bloquer les migrants illégaux venant par la mer

Depuis la décision du gouvernement turc, vendredi dernier, d’ouvrir ses frontières aux migrants voulant rejoindre l’Union européenne, les îles grecques ont vu arriver plus de 1700 d’entre eux.
Photo: Aris Messinis Agence France-Presse Depuis la décision du gouvernement turc, vendredi dernier, d’ouvrir ses frontières aux migrants voulant rejoindre l’Union européenne, les îles grecques ont vu arriver plus de 1700 d’entre eux.

Le ministère grec de la Défense a annoncé jeudi des restrictions de navigation jusqu’au 12 mars entre les îles de Lesbos et de Samos en mer Egée, pour limiter le flux de migration illégale par mer. Depuis la décision d’Ankara vendredi dernier d’ouvrir ses frontières aux migrants, les îles grecques ont vu arriver plus de 1700 d’entre eux, selon une source gouvernementale.

Cette interdiction dans le nord-est de l’Egée vise surtout les petits bateaux et exclut ceux ayant « une activité commerciale et dûment dotés de documents maritimes valides », précise un communiqué ministériel. Les navires de Frontex, l’Agence européenne de contrôle aux frontières, et ceux de l’OTAN ne sont pas non plus concernés, ajoute ce texte.

Compte tenu du nouvel afflux migratoire, Frontex a renforcé sa présence dans la mer Egée. Mardi, l’Agence avait annoncé avoir déployé des renforts et relevé son niveau d’alerte dans cette zone. Elle a demandé la contribution immédiate en personnel et équipements à l’ensemble des États membres de l’UE et des pays associés à Schengen.

Un canot pneumatique avec 42 migrants, dont de nombreuses familles afghanes, a accosté jeudi à Skala Sykamias dans le nord de Lesbos, où des tentes ont été plantées pour les loger provisoirement, ont constaté des journalistes de l’AFP.

À Lesbos, la situation a déjà atteint un point de rupture avec plus de 19 000 personnes vivant dans des conditions misérables dans le camp de Moria prévu pour moins de 3000 personnes. La plupart des migrants, arrivés ces derniers jours sur cette île égéenne, n’ont pas d’hébergement, faute de places dans les centres d’accueil des demandeurs d’asile et en raison de l’hostilité d’habitants qui empêchaient les autorités et les ONG de les prendre en charge. Mercredi, le gouvernement a envoyé un navire pour héberger quelque 400 d’entre eux. L’embarquement de dizaines de migrants se poursuivait jeudi à bord de ce bateau amarré au port de Mytilène, ont constaté des journalistes de l’AFP. En vertu d’un acte législatif ayant suspendu la procédure d’asile, ces personnes doivent prochainement être expulsées, a souligné mercredi le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas.