La France prête à discuter de l'adhésion de l’Albanie et de la Macédoine à l'UE

Emmanuel Macron, à la Conférence de Munich sur la sécurité
Photo: Christof Stache Agence France-Presse Emmanuel Macron, à la Conférence de Munich sur la sécurité

Le chef de l’État français, Emmanuel Macron, s’est dit prêt samedi, sous condition, à lever l’opposition de son pays à l’ouverture de négociations d’adhésion à l’Union européenne avec l’Albanie et la Macédoine du Nord.

« On attend tous un rapport de la Commission européenne au mois de mars sur les deux pays », a déclaré le président devant la conférence annuelle de Munich sur la sécurité.

« Nous devons voir ce que la Commission va dire sur l’état des avancées attendues », a-t-il ajouté et, « en fonction de cela […] si les résultats sont positifs et que la confiance est établie, nous devons pouvoir ouvrir ensuite des négociations ».

M. Macron a toutefois refusé l’idée d’un blocage purement français dans cette affaire. « Je salue le grand courage qui consiste à se cacher derrière la France quand il y a un désaccord, mais je peux vous dire que plusieurs États étaient contre l’ouverture des négociations avec la Macédoine et l’Albanie », a-t-il dit.

Le sujet est bloqué depuis plusieurs semaines, ce qui suscite à la fois l’irritation des deux pays concernés des Balkans mais aussi l’irritation de partenaires européens de la France, comme l’Allemagne, favorable à l’élargissement de l’Union européenne aux Balkans.

La Commission européenne a soumis récemment une procédure d’adhésion à l’UE plus stricte et réversible afin de répondre aux conditions posées par la France au sujet de ces deux pays, avant un sommet sur les Balkans en mai.

Et Paris attend par ailleurs un rapport sur la réalité des réformes demandées à ces pays. Le sujet doit être discuté par les 27 pays de l’UE le 25 février au cours d’une réunion des ministres des Affaires européennes de l’UE à Bruxelles.

La proposition ne modifie pas les règles pour l’adhésion. Mais elle sera fondée sur le mérite et soumise à des conditions.

Outre la Macédoine du Nord et l’Albanie, quatre autres pays des Balkans occidentaux — Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Monténégro et Serbie — aspirent à adhérer à l’UE.