Le Royaume-Uni sera prêt pour un Brexit sans accord, promet Boris Johnson

Boris Johnson s’est engagé à sortir son pays «coûte que coûte» de l’UE le 31 octobre.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse Boris Johnson s’est engagé à sortir son pays «coûte que coûte» de l’UE le 31 octobre.

Malgré des prévisions alarmistes de son gouvernement, le premier ministre britannique Boris Johnson a promis jeudi que son pays serait « prêt » en cas de Brexit sans accord, un scénario de plus en plus probable selon l’Union européenne.

« Nous n’avons pas de raisons d’être optimistes » sur les chances de parvenir à un accord de divorce avant le sommet européen des 17 et 18 octobre, a prévenu le négociateur de l’UE, Michel Barnier.

L’UE et le Royaume-Uni ne parviennent toujours pas à s’entendre sur la manière d’éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande, État membre de l’UE, et la province britannique d’Irlande du Nord après le Brexit.

Londres rejette la solution dite du « filet de sécurité » (ou backstop), incontournable aux yeux de Bruxelles faute de solution de rechange crédible. Elle prévoit que le Royaume-Uni tout entier reste dans un « territoire douanier unique » avec l’UE si une meilleure solution n’est pas trouvée à l’issue d’une période transitoire.

Pénuries

Boris Johnson s’est engagé à sortir son pays « coûte que coûte » de l’UE le 31 octobre, malgré une loi du Parlement britannique le contraignant à solliciter un nouveau report en l’absence d’accord le 19 octobre.

Il a assuré que son pays serait « prêt », minimisant la portée d’un dossier officiel présentant, selon Downing Street, « le pire scénario » de l’impact économique et social d’un no deal.

Le document, publié jeudi à la demande expresse du Parlement et intitulé Operation Yellowhammer ( Opération bruant jaune , le nom d’un passereau), estime qu’une absence d’accord pourrait provoquer des troubles et des pénuries de médicaments et de nourriture.

« C’est le pire scénario auquel doivent se préparer les fonctionnaires, mais j’ai massivement accéléré nos préparatifs depuis que je suis premier ministre », a déclaré le dirigeant conservateur. « Nous essayons d’obtenir un accord » de retrait avec l’UE, « mais si nous devons sortir le 31 octobre sans accord, nous serons prêts : les ports, les fermiers et toutes les industries seront prêts ».

« Ces documents confirment les graves risques d’un Brexit sans accord », s’est inquiété Keir Starmer, chargé du Brexit au sein du Parti travailliste, principale formation d’opposition.

Les autorités britanniques prévoient des perturbations à court terme dans 12 domaines clés, dont l’approvisionnement en eau et en nourriture, la santé, les transports et les frontières.

Jusqu’à 85 % des poids lourds britanniques pourraient ne pas être en mesure de répondre aux critères des contrôles douaniers français, entraînant une baisse de « 40 à 60 % du niveau actuel » du trafic. Ces perturbations pourraient durer trois mois et « avoir un effet sur l’approvisionnement en médicaments et en matériel médical », ainsi qu’en produits frais.

Par ailleurs, après sa décision de suspendre mardi le Parlement pendant cinq semaines, Boris Johnson a catégoriquement démenti avoir menti à la reine Élisabeth II sur ses motivations, arguant que l’ajournement visait à élaborer un nouveau programme de politique intérieure et non pas à imposer un Brexit sans accord, comme l’accusent ses adversaires.

Une courte majorité de Nord-Irlandais favorable à l’unification

Les électeurs nord-irlandais voteraient à 51 % pour la réunification de l’île d’Irlande en cas de référendum sur le maintien ou non de la province britannique dans le Royaume-Uni, selon un sondage. Cette très courte majorité — qui marquerait néanmoins un changement historique en Irlande du Nord — se situe dans la marge d’erreur, tempère l’auteur de l’enquête, le politologue Lord Ashcroft. 45 % des sondés se prononcent pour rester au sein du Royaume-Uni et 46 % pour rejoindre la République d’Irlande, membre de l’UE. Mais en excluant les indécis et les abstentionnistes, le résultat donnerait une majorité de 51 %, contre 49 %. « Un tel résultat reflète l’incertitude et l’anxiété qui entourent le Brexit, la frontière irlandaise, et son effet potentiel sur la vie dans la province », analyse Lord Ashcroft.