Plusieurs zones d’ombre après le meurtre d’un carabinier en Italie

<p>Des citoyens ont constitué un lieu de recueillement spontané en mémoire de Mario Cerciello Rega sous le regard d'un carabinier et d'un homme.</p>
Photo: Vincenzo Pinto Agence France-Presse

Des citoyens ont constitué un lieu de recueillement spontané en mémoire de Mario Cerciello Rega sous le regard d'un carabinier et d'un homme.

Des milliers de Romains ont rendu hommage dimanche au carabinier tué à Rome, tandis que des zones d’ombre persistaient dans l’enquête et qu’une photo de l’un des suspects américains, menotté et les yeux bandés pendant son interrogatoire, suscitait la polémique.

Samedi soir, une juge a validé l’arrestation d’Elder Finnegan Lee et de Gabriel Christian Natale Hjorth, deux touristes américains de 19 ans, pour les chefs de meurtre aggravé et de tentative d’extorsion.

Selon les carabiniers (force militaire chargée de missions de police et de maintien de l’ordre), l’un des deux a avoué être l’auteur des coups de couteau ayant tué Mario Rega Cerciello, un carabinier de 35 ans qui revenait tout juste de lune de miel, dans la nuit de jeudi à vendredi dans un quartier cossu proche du Vatican.

Fleurs à la main, des milliers de personnes ont défilé dimanche dans la chapelle ardente dressée à Rome. Les funérailles sont prévues lundi midi dans la commune natale du carabinier au pied du Vésuve, en présence des deux chefs politiques du gouvernement, Matteo Salvini et Luigi Di Maio.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux jeunes Américains avaient pris le sac d’un revendeur de drogue qui leur avait vendu de l’aspirine pour de la cocaïne et réclamaient cent euros pour le lui rendre. Mais ce dernier a prévenu les forces de l’ordre, et ce sont les gendarmes qui se sont rendus, en civil, au rendez-vous fixé pour l’échange.

Celui qui a reconnu avoir porté les coups de couteau a dit avoir cru qu’il s’agissait d’amis du revendeur et avoir paniqué. Le couteau a été retrouvé dissimulé dans la chambre d’un hôtel quatre étoiles où les deux jeunes originaires de San Francisco séjournaient non loin de là.

Mais les médias insistaient dimanche sur les zones d’ombre : pourquoi ces riches touristes ont-ils pris un tel risque pour cent euros ? Pourquoi le revendeur a-t-il prévenu la police ? Dans l’enregistrement de l’appel rendu public dimanche après-midi, il explique avoir tous ses papiers dans le sac. Pourquoi les carabiniers sont-ils allés au rendez-vous en civil, et pourquoi n’ont-ils pas sorti leur arme ?

Parallèlement, une enquête interne a été ouverte après la publication d’une photo où l’un des deux Américains apparaît tête baissée, menotté et les yeux bandés, pendant son interrogatoire.

Le carabinier qui lui a mis le bandeau sera muté. Il a expliqué avoir agi ainsi pour empêcher le jeune homme d’apercevoir des éléments critiques de l’enquête sur les écrans du bureau.