Un brasier fait rage au Portugal

Les pompiers espéraient circonscrire les incendies de forêt dimanche, mais des vents violents, par une température de 35 degrés Celsius, ont provoqué de nombreuses reprises.
Photo: Patricia de Melo Moreira Agence France-Presse Les pompiers espéraient circonscrire les incendies de forêt dimanche, mais des vents violents, par une température de 35 degrés Celsius, ont provoqué de nombreuses reprises.

Bourrasques et sécheresse ont compliqué, dimanche, la lutte contre un incendie qui fait rage depuis samedi dans une région montagneuse du centre du Portugal, où des incendies de forêt avait tué une centaine de personnes en 2017.

« La situation est encore très grave face à un incendie d’une extraordinaire difficulté et d’une extrême violence de propagation », a commenté le commandant de la Protection civile pour la région centre, Luis Belo Costa.

Au moment où ces lignes étaient écrites, plus de 1700 pompiers combattaient les incendies, soit 1000 de plus que la veille au soir. À ces ressources sur place s’ajoutent 500 véhicules et 23 moyens aériens.

Les pompiers espéraient circonscrire les incendies de forêt dimanche, mais des vents violents, par une température de 35 degrés Celsius, ont provoqué de nombreuses reprises.

L’incendie a démarré près de la municipalité de Vila de Rei, dans le centre du pays, et a parcouru 25 kilomètres depuis son point d’origine. Les feux ont fait 30 blessés dans cette région, selon un bilan du ministère de l’Intérieur. Un civil grièvement brûlé a été évacué en hélicoptère vers Lisbonne, à 200 kilomètres au sud.

Deux autres incendies de forêt de grande dimension qui s’étaient déclarés samedi ont été circonscrits dans la nuit.

« L’origine des incendies fait l’objet d’une enquête. […] Chose étrange : comment se fait-il que cinq feux de taille considérable commencent dans des zones si rapprochées ? » a demandé le ministre portugais de l’Intérieur, Eduardo Cabrita, lors d’une conférence de presse.

Un incendiaire présumé a été arrêté dimanche à Castelo Branco, a indiqué la police judiciaire. Cet homme âgé de 55 ans est soupçonné d’avoir mis le feu près de la ville, mais n’a vraisemblablement pas joué de rôle dans les vastes incendies qui se sont déclenchés dans l’après-midi de samedi.

Cinq régions du centre et du sud du Portugal étaient placées dimanche en alerte maximale.

Les régions du centre du pays, vallonnées et couvertes de forêts, sont fréquemment la proie des incendies de forêt. Les plus meurtriers de l’histoire du pays avaient tué 114 personnes en deux vagues, en juin puis en octobre 2017.

Très touchées par l’exode rural, ces régions ne sont plus guère habitées que par des personnes âgées, dans des villages au milieu de forêts d’eucalyptus, une essence extrêmement inflammable mais très demandée par l’industrie du papier. Malgré les risques, les habitants plantent ces essences qui poussent très vite et représentent une source de revenus non négligeable.

Champs et pâturages abandonnés, forêts plus entretenues et sous-bois non débroussaillés facilitent aussi la propagation du feu.

Le Portugal reste marqué par ces catastrophes et le gouvernement a déployé d’importants moyens pour éviter qu’elles se répètent. Début juin, il avait décidé de nationaliser le système de communications d’urgence, qui avait connu des défaillances lors des incendies meurtriers de 2017. Les pompiers, alors sous-équipés en moyens de transmission, avaient eu du mal à coordonner leurs opérations et à couper les routes à temps pour éviter aux automobilistes d’être piégés par les flammes.

Selon une étude du système européen d’information sur les incendies de forêt, publiée en mai, plus de 250 000 hectares sont partis en fumée à travers l’Europe entre janvier et avril 2019, un total qui a déjà dépassé les 181 000 hectares brûlés en 2018.

Et fin juin, pendant la première vague de chaleur de l’été qui a touché une grande partie de l’Europe, des milliers d’hectares étaient partis en fumée en Espagne, notamment en Catalogne.