Theresa May reporte le vote de la «dernière chance»

<p>La première ministre britannique avait présenté ce projet de loi comme «la dernière chance» de mettre en œuvre la sortie de l’UE.</p>
Photo: Mark Duffy Parlement britannique / Agence France-Presse

La première ministre britannique avait présenté ce projet de loi comme «la dernière chance» de mettre en œuvre la sortie de l’UE.

La première ministre britannique, Theresa May, a dû se résoudre jeudi à reporter le vote de son projet de loi de la « dernière chance » sur le Brexit, dans une ambiance crépusculaire pour son avenir à la tête du gouvernement. Le texte a fait l’objet d’un déluge de critiques tant de l’opposition travailliste que des eurosceptiques de son propre Parti conservateur, entraînant ainsi la démission mercredi soir de la ministre chargée des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom.

Le projet de loi, que Theresa May comptait faire voter la semaine du 3 juin, ne figure pas au programme législatif annoncé jeudi par le gouvernement aux députés. « Nous informerons la chambre sur la publication et l’introduction du projet de loi sur l’Accord de retrait après la pause parlementaire », prévue jusqu’au 4 juin, a déclaré le représentant du gouvernement Mark Spencer aux députés. Ce recul survient le jour même des élections européennes au Royaume-Uni, qui s’annoncent difficiles pour les conservateurs et qui rapprochent encore Mme May de la sortie.

Le plan de Mme May prévoit une série de compromis, dont la possibilité de voter sur un second référendum et le maintien dans une union douanière temporaire avec l’UE, pour tenter de rallier la majorité des députés. Mais en lâchant du lest, elle a hérissé les eurosceptiques de son camp, dont Andrea Leadsom, dont le départ érode encore l’autorité de Mme May, qui a vu partir au fil des mois une trentaine de membres de son gouvernement. Le « comité 1922 », responsable de l’organisation des Tories, s’est ainsi réuni jeudi pour discuter d’un éventuel changement de règles pour évincer la première ministre, déjà sommée la semaine dernière par cette instance de préparer son départ.

Dans le cas improbable où les députés approuveraient le projet de loi lorsqu’il leur sera présenté, Mme May entend les faire voter sur la tenue d’un second référendum sur le Brexit. Si la Chambre des communes refuse la tenue de cette consultation, le Royaume-Uni pourra quitter l’UE fin juillet.


Boris Johnson poursuivi pour mensonge ?

Un tribunal londonien a annoncé jeudi qu’il décidera mercredi de convoquer ou non l’ancien ministre des Affaires étrangères, accusé d’avoir menti sur le coût de l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union européenne lors de la campagne pour le référendum de 2016 sur le Brexit. Ces accusations viennent de l’homme d’affaires Marcus Ball, dont les avocats ont déposé jeudi une demande de convocation de M. Johnson dans le but de le poursuivre pour faute grave dans l’exercice de ses fonctions. Selon ces avocats, le fervent défenseur du Brexit a sciemment menti, alors qu’il était maire de Londres, en prétendant que le Royaume-Uni versait 350 millions de livres par semaine à Bruxelles. Boris Johnson « savait que ce chiffre était faux », a pointé l’avocat Lewis Power devant le tribunal londonien de Westminster Magistrate. « Néanmoins, il a choisi de le répéter, encore et encore. […] C’est lors du référendum sur le Brexit que M. Johnson a choisi d’induire le public en erreur. » Des accusations que rejette l’homme politique.