Il n’y aura plus de bateaux pour lutter contre le trafic de migrants

47 migrants à bord d'un bateau pneumatique sont repérés au large de la Libye, au mois de janvier.
Photo: Federico Scoppa Agence France-Presse 47 migrants à bord d'un bateau pneumatique sont repérés au large de la Libye, au mois de janvier.

L’Union européenne (UE) a réduit le champ d’action de sa mission Sophia de lutte contre le trafic de migrants en Méditerranée, sous la pression du gouvernement italien, en la limitant officiellement mercredi à des patrouilles aériennes et à la formation des garde-côtes libyens.

La diplomatie de l’UE a annoncé un accord entre les 28 sur la prolongation pour six mois de cette opération militaire créée en 2015 et qui a permis de sauver des dizaines de milliers de vies de migrants. Mais l’opération est prolongée sans sa composante navale qui était dans la ligne de mire de l’Italie, opposée à l’utilisation de ses ports comme lieux de débarquement des migrants secourus.

« Jusqu’à présent, aucune solution n’a été trouvée sur la question du débarquement », a déclaré devant la presse Maja Kocijancic, porte-parole de la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, soulignant que le déploiement des navires était suspendu « temporairement ».

Dès sa création au printemps 2015, après une série de naufrages, Sophia avait été placée sous commandement italien. Mais la coalition antisystème au pouvoir à Rome depuis 2018 a exigé de changer les règles imposant le débarquement dans les ports italiens des naufragés recueillis par les navires de Sophia.

Face à une situation qu’elle jugeait bloquée depuis des mois, l’Allemagne avait décidé en janvier de ne pas remplacer sa frégate opérant dans la zone, l’Augsburg. Depuis son retrait, deux navires militaires sont déployés en Méditerranée centrale, le Rayo, fourni par l’Espagne, et le Luigi Rozzo (Italie). Ces frégates sont appuyées par des hélicoptères et des avions mis à disposition par l’Espagne, l’Italie, la Pologne et le Luxembourg.

En janvier, l’amiral Enrico Credendino, chef de la mission, avait revendiqué le sauvetage de 45 000 personnes par Sophia, soit 9 % du total des migrants secourus en Méditerranée. Plus de 500 embarcations de passeurs ont été mises hors d’usage et 150 trafiquants arrêtés, avait-il ajouté.