Macron en équilibriste entre les écolos et les «gilets jaunes»

Mardi, Emmanuel Macron a fait de premières annonces visant à atteindre l’objectif gouvernemental de ramener à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2035, contre 71,6% en 2017.
Photo: Ian Langsdon Associated Press Mardi, Emmanuel Macron a fait de premières annonces visant à atteindre l’objectif gouvernemental de ramener à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2035, contre 71,6% en 2017.

Le président français Emmanuel Macron s’est livré mardi à un exercice d’équilibriste entre l’annonce de la fermeture de réacteurs nucléaires d’ici 2035 pour essayer de contenter les écologistes et des mesures pour satisfaire les « gilets jaunes », qui protestent contre la hausse des taxes sur le carburant.

« Nous devons entendre les protestations d’alarme sociale », mais « sans renoncer à nos responsabilités », car « il y a aussi une alarme environnementale », a lancé le chef de l’État.

« Fin du mois » et « fin du monde », « nous allons traiter les deux », a assuré M. Macron, en promettant un mécanisme visant à éviter les pics des prix sur les carburants ainsi qu’une vaste « concertation de terrain » sur la transition écologique.

Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, devait en outre recevoir des porte-parole « officiels » des « gilets jaunes », mardi en début de soirée.

Ces annonces étaient néanmoins insuffisantes aux yeux des manifestants, à en croire de nombreuses réactions sur des groupes Facebook, où le mouvement s’organise, mais aussi sur le terrain.

« Je n’ai entendu que du bla-bla. De petites aides pour les classes moyennes supérieures et les riches qui peuvent s’acheter des voitures et prendre des crédits, pendant que les petits écopent », s’insurge Ophélie, 38 ans, mère au foyer de six enfants, qui manifestait mardi en Bretagne.

Réduire la part du nucléaire

Outre sa réponse aux revendications des manifestants, le président était attendu sur un autre dossier épineux : la part du nucléaire dans le bouquet énergétique français.

Mardi, Emmanuel Macron a fait de premières annonces visant à atteindre l’objectif gouvernemental de ramener à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2035, contre 71,6 % en 2017.

Avec 58 réacteurs répartis sur 19 sites, le parc nucléaire français est le deuxième plus important au monde, derrière celui des États-Unis (99 réacteurs).

En plus de la fermeture « à l’été 2020 » des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim, située à proximité de l’Allemagne et de la Suisse, le président français a annoncé la fermeture de douze autres réacteurs. Quatre à six seraient arrêtés d’ici à 2030 et les réacteurs restants au plus tard en 2035.

Ce calendrier apparaît comme un compromis entre les voeux du ministre de la Transition écologique, qui voulait six arrêts en plus de celui de Fessenheim d’ici 2028, et du ministre de l’Économie, qui plaidait pour repousser le début des fermetures à 2029.