Frontière irlandaise: en quoi consiste la solution du filet de sécurité?

Habitants et entreprises des deux côtés insistent également sur la nécessité de garder la frontière invisible pour la bonne marche des échanges.
Photo: Paul Faith Agence France-Presse Habitants et entreprises des deux côtés insistent également sur la nécessité de garder la frontière invisible pour la bonne marche des échanges.

C’est la solution censée résoudre l’épineuse question de la frontière irlandaise : le backstop, ou filet de sécurité en français. Voici en quoi consiste ce dispositif dont la négociation a été plus qu’ardue.

La République d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord partagent une frontière terrestre de 500 kilomètres qui deviendra, après le Brexit, une frontière extérieure de l’UE.

Londres a décidé de sortir du marché unique, qui permet jusqu’ici la libre circulation des personnes et des marchandises sur toute l’île d’Irlande (comme dans le reste de l’UE), et de se retirer de l’union douanière, ce qui suppose l’imposition de nouveaux droits de douane sur les biens transitant par la frontière et la mise en place de contrôles douaniers.

Londres et Bruxelles se sont cependant engagés à éviter le retour d’infrastructures physiques le long de cette ligne afin de ne pas compromettre l’accord de paix du Vendredi saint, signé en 1998 pour mettre fin à trois décennies de violences en Irlande du Nord entre unionistes majoritairement protestants et républicains catholiques.

Habitants et entreprises des deux côtés insistent également sur la nécessité de garder la frontière invisible pour la bonne marche des échanges : 31 % des exportations nord-irlandaises sont destinées au marché irlandais (chiffre de 2016) et 30 000 personnes traversent chaque jour la frontière.

Les négociateurs du Brexit ont donc longuement cherché une solution qui maintienne la fluidité des échanges malgré des cadres réglementaires qui vont diverger.

Union douanière et alignement réglementaire

Le filet de sécurité consisterait à maintenir l’ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE, qui se doublerait pour l’Irlande du Nord d’un alignement réglementaire sur l’UE.

L’UE avait initialement proposé un backstop pour l’Irlande du Nord seule, mais Londres a refusé, estimant que cela mettrait en péril « l’intégrité » du Royaume-Uni et aboutirait à des contrôles entre la province nord-irlandaise et le reste du pays.

L’application du filet de sécurité doit commencer à l’issue de la période de transition, fin décembre 2020, au cours de laquelle le Royaume-Uni, bien que hors de l’UE, continuera à suivre les règles européennes.

Mais la durée d’application du dispositif risque de soulever de nouveaux problèmes : les dirigeants européens ont refusé d’envisager d’y mettre un terme tant qu’une solution de rechange définitive ne sera pas trouvée. Ce que les eurosceptiques britanniques dénoncent comme une tentative d’obliger le Royaume-Uni à rester arrimé à l’UE pendant de longues années.