Un sixième corps découvert sous les décombres des immeubles à Marseille

<p>Les recherches pour retrouver d'éventuels survivants ont continué toute la nuit de mardi à mercredi, près de 48 heures après l'effondrement.</p>
Photo: Loïc Aedo BMPM SM Aedo / Agence France-Presse

Les recherches pour retrouver d'éventuels survivants ont continué toute la nuit de mardi à mercredi, près de 48 heures après l'effondrement.

Le corps d'une sixième victime, un homme, a été retrouvé mercredi  sous les gravats des trois immeubles vétustes qui se sont disloqués lundi au cœur de Marseille, dans le sud-est de la France, et plusieurs immeubles voisins sont désormais totalement interdits d'accès, par crainte d'« un effet domino ».

Les corps de trois autres hommes et deux femmes avaient déjà été retrouvés dans les gravats depuis mardi matin.

Parmi ces six victimes, trois ont été identifiées comme étant des locataires de l'un des immeubles qui s'est effondré, a précisé Xavier Tarabeux, le procureur de la République de Marseille, à l'AFP, qui a annoncé une conférence de presse à 16 h GMT pour faire un premier point sur l'enquête judiciaire.

Plus de 48 heures après l'effondrement des deux premiers immeubles, rue d'Aubagne, non loin du très touristique Vieux-Port, l'espoir de retrouver des survivants est de plus en plus mince. 

« Très, très vraisemblablement, cinq personnes », ainsi que « trois visiteurs », se trouvaient dans le seul des immeubles effondrés officiellement habité, au moment de la catastrophe, avait précisé le procureur de Marseille mardi soir.

Deux personnes pourraient donc encore se trouver sous les décombres.

Mais il y a « peu de chance que l'on puisse trouver des poches de survie », avait prévenu dès lundi soir le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, l'effondrement d'un troisième immeuble, lundi après-midi, ayant écrasé les gravats des deux premiers.

Les secouristes craignent également désormais « un effet domino » dramatique dans cette rue en pente, située au sein d'un quartier très populaire, « où les immeubles sont appuyés les uns sur les autres, en épi », comme l'a expliqué mardi matin un secouriste de Marseille à l'AFP.

Selon un rapport remis au gouvernement en 2015, le logement indigne menace la santé ou la sécurité de 100 000 habitants dans la deuxième ville de France. 

« Souvenirs de la guerre au Liban »

De nombreux immeubles de la rue ont été évacués après le drame, mais dans certains d'entre eux, les habitants peuvent encore récupérer rapidement quelques affaires, un par un, accompagnés par les secouristes.

Dans un baluchon fabriqué avec des draps, Safina Athomani, mère de famille d'origine comorienne, casque de chantier sur la tête, a récupéré dans son appartement des vêtements et des peluches de ses deux enfants. Le pompier qui l'accompagne porte lui une lourde valise, ainsi qu'un sac plastique où elle a pu emporter une petite gazinière.

« Ça m'a fait remonter à la surface des souvenirs de la guerre, quand j'étais enfant », explique Yoanna, étudiante libanaise de 27 ans, après avoir été chercher quelques objets personnels à son domicile, un peu plus loin dans la rue: « Jamais je n'avais quitté un appartement aussi vite. » 

Les 105 personnes évacuées par mesure de sécurité ont été relogées dans une soixantaine de chambres d'hôtels du centre-ville, a indiqué la mairie, pointée du doigt par les habitants de la rue d'Aubagne et du quartier, qui fustigent depuis lundi le mauvais état des immeubles.

Deux des trois immeubles écroulés étaient murés et théoriquement inhabités. L'un d'eux, frappé par un arrêté de péril en 2008, avait fini par être acheté par la mairie au bout de 10 ans de démarches. 

Dans le troisième en revanche, neuf appartements sur dix étaient habités. Pourtant, depuis 2007, les signaux d'alerte se multipliaient: effondrement du plafond du hall d'entrée, fissures inquiétantes... Un expert agréé auprès du tribunal avait visité l'immeuble le 18 octobre sans préconiser de l'évacuer.

La mairie, qui a avancé l'hypothèse des fortes pluies des derniers jours pour expliquer la catastrophe, s'est défendue en soulignant « l'énorme travail fait [pour] l'éradication de l'habitat indigne ».

La municipalité a engagé depuis 2011 un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problème.