L’étoile de Macron pâlit

Le président de la Ve République, Emmanuel Macron
Photo: Michel Euler /Pool / Associated Press Le président de la Ve République, Emmanuel Macron

Paris — Un peu plus de deux mois après son arrivée à la tête de l’État français, Emmanuel Macron accuse une chute de popularité quasi inédite sous la Ve République, selon un sondage YouGov diffusé jeudi.

La popularité du président centriste, élu le 7 mai avec plus de 66 % des voix, a perdu 7 points : seulement 36 % des sondés portent un jugement positif sur son action. 49 % (+13) des personnes interrogées jugent négativement son action.

Il est désormais devancé d’un point par le premier ministre, Édouard Philippe (37 % d’avis favorables, –2 points), selon cette enquête faite pour le Huffington Post et la chaîne d’information CNews menée fin juillet.

Cette enquête a été réalisée les 26 et 27 juillet auprès de 1003 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Elle confirme la forte baisse de popularité du président révélée notamment par un précédent sondage, conduit par l’Ifop du 17 au 22 juillet (54 % de satisfaits, soit dix points de moins qu’en juin), avant des annonces qui ont déclenché des polémiques, comme la baisse des aides au logement de 5 euros par mois.

Pour le politologue Jérôme Fourquet, de l’Ifop, cette chute est le signe d’un profond hiatus entre la communication présidentielle et la « politique d’austérité » conduite par l’exécutif.

Elle résulte aussi « de mécontentements et de griefs divers qui émanent de catégories de la population très différentes » : la fonction publique qui voit ses salaires gelés, les retraités qui anticipent une hausse de la fiscalité les frappant…

S’y ajoutent, « plutôt dans l’électorat de gauche, des critiques sur la réception en grande pompe à Paris de Vladimir Poutine et Donald Trump » ou sur l’attitude du président vis-à-vis du chef d’état-major des armées Pierre de Villiers, avec lequel il était en conflit et qui a finalement démissionné, qui a pu être perçue comme « un excès d’autoritarisme », analyse-t-il.

« Dans une partie de l’opinion commence à s’installer le sentiment d’avoir affaire à un grand séducteur et un communicant hors pair, mais dont la communication hyper-hollywoodienne et léchée est un instrument au service d’une politique d’austérité », a indiqué Jerôme Fourquet à l’AFP.

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