Le Pen avec les pêcheurs, Macron dans les banlieues

Marine Le Pen rencontre les pêcheurs du Grau-du-Roi, petit port de pêche du sud de la France, après être allée naviguer tôt le matin.
Photo: Bertrand Langlois Agence France-Presse Marine Le Pen rencontre les pêcheurs du Grau-du-Roi, petit port de pêche du sud de la France, après être allée naviguer tôt le matin.

Virée sur un bateau de pêche pour Marine Le Pen, rencontres dans une banlieue parisienne difficile pour Emmanuel Macron : les candidats à la présidentielle française ont labouré le terrain jeudi alors que des jeunes en colère les renvoyaient dos à dos.

En déplacement à Sarcelles, « ville de défi et de fractures » selon ses mots, le candidat centriste a dénoncé le « visage rétréci et haineux » de la France que propose selon lui son adversaire d’extrême droite, qui mène une campagne commando dans l’espoir de contredire les sondages qui annoncent sa défaite au second tour de la présidentielle, le 7 mai.

« La France, ce n’est pas la haine et le rejet de l’autre », a-t-il martelé, accueilli par des « Macron président ! ». Dans la foule, « des Français de toutes les couleurs » et « de toutes les religions », a relevé le jeune candidat pro-européen.

Face à celui qu’elle présente comme un « jeune trader » et un « représentant de la mondialisation décomplexée », Marine Le Pen s’est, elle, posée en protectrice des Français modestes, de ceux qui se lèvent tôt pour travailler.

À l’aube

Dès l’aube, elle a navigué avec des pêcheurs du Grau-du-Roi, petit port de pêche du sud de la France, pour dénoncer la « politique de dérégulation totale », « de ravage social » de son adversaire.

Mme Le Pen n’a en revanche pas réagi à la nouvelle estimation du préjudice potentiel, porté à près de cinq millions d’euros, qu’aurait subi le Parlement européen en raison des salaires qui auraient été versés frauduleusement à des assistants d’eurodéputés de son parti entre 2012 et 2017.

« Madame Le Pen se promène à la pêche. Bonne promenade », a commenté Emmanuel Macron sur son compte Twitter. « La sortie de l’Europe qu’elle propose, c’est la fin de la pêche française. Pensez-y », a-t-il ajouté.
 


 
Photo: Jean-Sébastien Evrard Agence France-Presse De jeunes manifestants scandant «ni Marine ni Macron» ont affronté les forces de l’ordre à Paris, Rennes ou Toulouse.

« Ni Marine ni Macron »

Les deux candidats, qui ont réussi à éliminer au premier tour les grands partis traditionnels de gauche et de droite, ont été renvoyés dos à dos jeudi par 2000 jeunes manifestants à Paris, Rennes ou Toulouse.

« Ni Marine, ni Macron, ni patrie, ni patron », ont scandé ces jeunes en colère, qui ont parfois affronté les forces de l’ordre. Des lycéens parisiens ont aussi organisé des sit-in pour dénoncer la menace de l’extrême droite.

Macron toujours bien en tête dans les sondages

Emmanuel Macron serait largement élu au second tour le 7 mai face à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, malgré un tassement depuis le premier tour dimanche, selon un sondage publié jeudi. M. Macron est crédité de 61 % des intentions de vote contre 39 % à Mme Le Pen, selon l’enquête réalisée du 25 au 27 avril par Harris Interactive et Indeed pour la chaîne LCP. Dans un précédent sondage réalisé dimanche soir par Harris Interactive et Indeed après l’annonce des résultats du 1er tour, Emmanuel Macron était crédité de 64 % des intentions de vote au second tour, contre 36 % pour Mme Le Pen.
1 commentaire
  • Gilles Bonin - Inscrit 28 avril 2017 09 h 48

    Et papa...

    Et papa Le Pen vient d'«aider» sa fifille - qu'il entend sûrement déloger du FN si elle perd, en dénonçant l'hommage national au policier tué à Paris de par la présence de son conjoint. C'est le vieux fonds FN qui ressort et que Marine ne réussit pas, non seulement à camoufler, mais à éradiquer réellement car C'EST ÇA LE FN