France: vives condamnations de la visite à Damas

Paris — Du président Hollande à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, les principaux dirigeants français ont vivement désavoué jeudi le voyage à Damas de quatre parlementaires alors que Paris campe sur son refus de tout contact avec le régime de Bachar al-Assad. La rencontre de trois d’entre eux avec le président honni de Paris a été sévèrement condamnée. Même si certains avancent la nécessité de se rapprocher du dirigeant syrien pour combattre le groupe État islamique. « Cette initiative, je la condamne », a déclaré François Hollande jeudi à Manille, où il est en visite officielle. « Il s’agit d’une rencontre entre des parlementaires français qui n’ont été mandatés que par eux-mêmes avec un dictateur qui est à l’origine d’une des plus graves guerres civiles de ces dernières années, qui a fait 200 000 morts. 200 000 ! », a-t-il insisté. « Les parlementaires représentent la souveraineté nationale », a observé le premier ministre Manuel Valls. « Que des parlementaires aient ainsi, sans crier gare, rencontré un boucher. Je crois que c’est une faute morale », a-t-il ajouté. L’ancien président Nicolas Sarkozy, chef du principal parti d’opposition, l’UMP, a qualifié les quatre parlementaires de « gugusses », en assurant que lui-même ne serait pas allé à Damas.

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