La Serbie ne renoncera pas au Kosovo pour adhérer à l'UE

Belgrade — Si la Serbie garde comme objectif ultime l'adhésion à l'Union européenne, elle ne renoncera pas pour cela à ses prétentions sur son ancienne province du Kosovo, a affirmé hier le président Boris Tadic.

Le président serbe a par ailleurs assuré que son pays continuerait à rechercher les personnes soupçonnées de crimes de guerre, après l'arrestation de l'ancien président des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, geste qui a permis à la Serbie de se rapprocher de l'UE.

«L'adhésion de la Serbie à l'UE relève du plus haut intérêt national, et ce gouvernement n'y renoncera pas», a affirmé Tadic lors d'une conférence de presse, qui marquait sa première intervention publique depuis l'arrestation de Karadzic, le 21 juillet.

Belgrade, a-t-il toutefois souligné, ne renoncera pas à sa revendication sur le Kosovo et la défendra sur les plans diplomatique et politique. «La Serbie n'abandonnera jamais son intégrité territoriale et sa souveraineté», a-t-il déclaré.

La majorité albanaise du Kosovo a déclaré son indépendance en février de façon unilatérale. Le nouvel État a été reconnu par de nombreux pays de l'Union européenne, mais pas par l'UE elle-même. La Serbie, qui dispose du soutien de la Russie, exige davantage de négociations sur le statut du Kosovo.

Tadic a fait savoir que la Serbie chercherait à porter la question de la légalité de la déclaration d'indépendance du Kosovo devant la Cour internationale de justice.

Une telle stratégie serait de nature à contrarier l'UE, avait auparavant indiqué, hier, l'ambassadeur britannique à Belgrade, ajoutant que l'adhésion de la Serbie pourrait en être compliquée.