Meurtre de la petite Madeleine McCann au Portugal - La police soupçonne les parents

Kate McCann, la mère de la petite Madeleine, photographiée au moment d’entrer au commissariat de police.
Photo: Agence Reuters Kate McCann, la mère de la petite Madeleine, photographiée au moment d’entrer au commissariat de police.

Portimão, Portugal — Plus de quatre mois après la disparition de la petite Britannique Madeleine McCann, ses parents, Kate et Gerry McCann, sont désormais les principaux suspects pour la police portugaise, qui les a mis en examen hier, soupçonnant la mère d'avoir «tué sa fille accidentellement».

Convoquée hier à la Police judiciaire (PJ) de Portimão, dans le sud du Portugal, après avoir déjà été entendue pendant 11 heures la veille en tant que «témoin assisté», Kate McCann, 39 ans, s'est fait notifier sa mise en examen par les enquêteurs.

«Elle est soupçonnée d'avoir accidentellement tué sa fille», a déclaré à l'AFP un de ses porte-parole, David Hughes, peu après qu'une mise en examen eut été officiellement annoncée par la PJ de Portimão.

À l'issue de son audition de près de cinq heures, Kate McCann, catholique fervente et médecin généraliste, est ressortie libre vers 16h locales des locaux de la PJ, où son époux Gerry venait d'entrer pour y être entendu à son tour. Quelques heures plus tard, il était lui aussi mis en examen.

L'annonce de l'implication de la mère de «Maddie» dans la disparition de la fillette a fait l'effet d'un coup de tonnerre à Portimão où, depuis deux jours, des dizaines de journalistes et de badauds sont massés devant les locaux de la PJ.

Depuis quatre mois, le couple McCann n'a cessé de mobiliser journalistes, célébrités et jusqu'au pape pour tenter de retrouver leur petite fille, disparue le 3 mai dans la station balnéaire de Praia da Luz alors qu'elle dormait en compagnie de son frère et de sa soeur, des jumeaux de deux ans, tandis que ses parents dînaient avec des amis dans un restaurant à une cinquantaine de mètres.

Jeudi matin, au moment même où elle entrait dans les locaux de la PJ, Kate McCann avait une fois encore fait lire par son porte-parole un appel aux ravisseurs de sa fille pour qu'ils la libèrent.

«Madeleine me manque tellement», avait-elle déclaré dans ce communiqué lu par une de ses porte-parole, qui expliquait que «Kate continue à croire que Madeleine est toujours en vie».

Hier, sur son blogue, Gerry McCann a réaffirmé que son épouse est «totalement innocente», jugeant «risibles» les soupçons à son encontre.

«Nous allons nous battre par tous les moyens et nous n'allons pas cesser de chercher Madeleine», a écrit Gerry McCann sur le site www.findMadeleine.com. C'était avant d'être lui-même convoqué par la police.

Selon des proches de la famille, cités par la télévision britannique Skynews, ce sont des traces de sang trouvées dans une voiture de location qui ont fait porter les soupçons sur Kate McCann.

Selon la soeur de Gerry, Philomena McCann, les enquêteurs portugais ont laissé entendre que «Kate a tué Madeleine accidentellement, d'une façon ou d'une autre, et qu'elle a gardé le corps avant de s'en débarrasser». «Je n'ai jamais rien entendu d'aussi absurde de toute ma vie», a-t-elle commenté.

La mise en cause de Kate McCann fait suite à l'arrivée, mercredi au Portugal, de résultats d'expertises médico-légales effectuées par le laboratoire médico-légal de Birmingham, en Angleterre.

Les indices analysés, des traces de sang et de «vestiges biologiques non visibles à l'oeil nu», avaient été trouvés il y a un mois grâce à des chiens spécialisés venus de Grande-Bretagne.

Cette découverte avait marqué un tournant dans l'enquête, et la PJ, qui défendait jusque-là la thèse d'un enlèvement, indiquait le 11 août que «la mort possible de la fillette» était désormais l'hypothèse privilégiée.

Les mises en examen de Kate et Gerry McCann sont les deuxième et troisième depuis la disparition de la petite «Maddie». Le 15 mai, 12 jours après sa disparition, un Britannique, Robert Murat, résidant à Praia da Luz, à quelques centaines de mètres du lieu où avait disparu Maddie, avait déjà été mis en examen par la PJ.

Selon le code de procédure pénal portugais, une personne peut être mise en examen (arguida) s'il existe des indices suffisants de sa participation à un délit ou à un crime, indépendamment du chef d'accusation, qui n'est pas obligatoirement précisé.