Controverse autour d'un baiser devant le Colisée - Les homosexuels italiens ripostent en ouvrant une «rue gaie»

Les homosexuels romains ont célébré à leur façon l’événement.
Photo: Agence Reuters Les homosexuels romains ont célébré à leur façon l’événement.

Rome — La ville de Rome a marqué l'ouverture de sa première «rue gaie» avec force drapeaux, banderoles et protestations après la controverse au sujet de deux homosexuels qui affirment avoir été arrêtés par la police pour s'être embrassés devant le Colisée.

Les militants ont salué cette zone de 300 mètres dans le centre de la capitale italienne — qui compte nombre de boutiques et de bars — comme un endroits où les homosexuels pourront «se sentir à l'aise», après plusieurs jours de débat houleux sur l'incident du baiser dans une Italie à majorité catholique.

La semaine dernière, les deux hommes ont été brièvement placés en garde à vue pour ce que les carabiniers ont qualifié d'acte obscène en public, un fait passible de deux ans d'emprisonnement.

«Ce sera une zone où les gens pourront se sentir à l'aise, elle vise également à être un pont entre les citoyens et la communauté homosexuelle», a déclaré hier Fabrizio Marrazzo, responsable à Rome d'Arcigay, mouvement de défense des droits des homosexuels, lors d'un entretien téléphonique.

«Nous espérons que cela deviendra un point de contact pour nous afin de faire connaître nos différences [aux autres] et de créer un climat de coexistence pacifique.»

Geste d'affection

Les deux hommes interpellés par les carabiniers, dont l'un a participé hier à l'inauguration festive de la «rue gaie», ont affirmé qu'ils avaient été arrêtés alors qu'il s'agissait d'un geste d'affection, après une nuit passée dans des bars d'une rue proche du Colisée. Les faits se sont produits vendredi dernier à l'aube. Ils ne faisaient pas «que s'embrasser», a de son côté affirmé le colonel Alessandro Casarsa, responsable des carabiniers, déclarant que les deux hommes avaient été maintenus en garde à vue pendant environ 40 minutes avant d'être relâchés.

Les carabiniers «ont agi parce qu'un couple était en train de commettre un acte obscène devant un des monuments les plus visités d'Italie», a-t-il dit. «Nous appliquons la loi de la même façon pour tous, hommes et femmes.»

Accusant la police de discrimination, des couples homosexuels ont participé à un kiss-in près du monument dimanche.

L'affaire a suscité la controverse et certains députés ont annoncé leur intention d'en débattre dans l'enceinte du Parlement.

«Personne ne veut condamner ceux qui ont une sexualité différente, mais je pense que dédier une rue seulement aux gais et aux lesbiennes est une espèce de projet inutile et propice à la marginalisation», a estimé Piergiorgio Benvenuti, un homme politique de droite, selon le quotidien Il Giornale.

Des militants de droite ont protesté de la même façon contre la décision de la municipalité de fermer la zone à la circulation pendant trois nuits par semaine jusqu'au 8 septembre.