La pandémie a été payante pour les ultrariches des États-Unis

Sans surprise, c’est le fondateur du géant Amazon, Jeff Bezos, qui trône encore une fois au sommet de la liste, avec une fortune évaluée à 201 milliards de dollars.
Photo: Tony Gutierrez Associated Press Sans surprise, c’est le fondateur du géant Amazon, Jeff Bezos, qui trône encore une fois au sommet de la liste, avec une fortune évaluée à 201 milliards de dollars.

COVID-19, confinement, télétravail, port du masque, perte d’emploi et distanciation physique… La dernière année a été difficile, sauf peut-être pour les 400 Américains les plus riches, qui ont vu leur richesse collective augmenter de 40 % lors des 12 derniers mois, en pleine pandémie, pour s’établir à plus de 4500 milliards de dollars, selon le dernier palmarès du magazine Forbes.

2021 a été « l’année des récoltes », résume le prestigieux magazine américain, qui constate toutefois qu’une chose n’a pas augmenté dans ce monde des ultrariches : leur générosité. Le nombre de milliardaires qui ont fait don de plus de 20 % de leur fortune a diminué de 10 à 8 dans la dernière année, alors que le nombre de ceux qui ont consacré moins de 1 % de leur richesse à des activités philanthropiques a connu une légère hausse, passant de 127 à 156.

Sans surprise, c’est le fondateur du géant Amazon, Jeff Bezos, qui trône encore une fois au sommet de la liste, avec une fortune évaluée à 201 milliards de dollars. Il est suivi par Elon Musk, grand patron de Tesla et de SpaceX, avec 190,5 milliards de dollars, et de Mark Zuckerberg, créateur du réseau Facebook, avec 134,5 milliards, soit 500 millions de plus que Bill Gates.

La richesse des quatre premières fortunes des États-Unis représente plus de sept fois les revenus totaux du gouvernement du Québec — ou permettrait de rembourser quatre fois la dette de la province.

La fortune de ces ultrariches a été calculée sur la base des valeurs des actions de leurs compagnies au 3 septembre dernier.

Si l’année 2021 a été profitable aux milliardaires américains, elle a également été propice pour en faire apparaître des nouveaux : 44 personnes ont fait leur entrée dans le palmarès de Forbes, soit le nombre de nouveaux visages le plus élevé depuis 2007, souligne le magazine. Le billet d’entrée dans la liste a fait également un bond de 800 millions de dollars : il faut désormais avoir une richesse évaluée à 2,9 milliards de dollars ou plus pour faire partie des 400 fortunes du pays.

Avec 30,4 milliards, c’est Miriam Adelson, 75 ans, qui mène le bal des nouveaux venus dans le palmarès. Elle est la veuve du magnat des casinos Sheldon Adelson, décédé en janvier dernier à l’âge de 87 ans. Le couple était connu pour être un des plus gros contributeurs à la caisse électorale du Parti républicain.

Elle est suivie par le plus jeune des nouveaux milliardaires, Sam Bankman-Fried, qui, à 29 ans, a bâti une fortune évaluée à plus de 22 milliards dans les cryptomonnaies.

Après son divorce hautement médiatisé, Melinda French Gates, ex-femme de Bill Gates, fait également son entrée dans le palmarès de Forbes avec une fortune évaluée à 6,3 milliards.

L’effet de la pandémie sur l’économie américaine se fait toujours sentir avec des pénuries d’emplois, des prix à la hausse et des conséquences sociales que l’expiration des mesures d’aide du fédéral devrait très vite exacerber. Mais la crise sanitaire a stimulé aussi les marchés boursiers et immobiliers, dont ont su profiter les Américains les plus riches.

Parmi les nouvelles grosses fortunes du pays, on retrouve entre autres le trio derrière le vaccin Moderna : l’investisseur et professeur de Harvard Timothy A. Springer (5,9 milliards de dollars) ; le cofondateur et président de Moderna, Noubar Afeyan (5 milliards de dollars) ; et le cofondateur et professeur du MIT Robert Langer (4,9 milliards de dollars).

Enfin, il est à noter que l’ex-président américain Donald Trump, magnat de l’immobilier, n’a pas plus réussi à se maintenir à la Maison-Blanche que dans la liste des 400 Américains les plus riches, dont il vient d’être expulsé pour la première fois en 25 ans. Sa fortune est évaluée à 2,5 milliards toutefois.

« Si Trump cherche quelqu’un à accuser, il peut commencer par lui-même », écrit Forbes.

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