Les républicains du Congrès s’alignent derrière Trump pour reprendre le pouvoir

Elise Stefanik, une fidèle de l’ex-président Trump, a remplacé Liz Cheney dans la hiérarchie du Parti républicain.
Photo: AP Elise Stefanik, une fidèle de l’ex-président Trump, a remplacé Liz Cheney dans la hiérarchie du Parti républicain.

Candidate de Donald Trump, la jeune élue américaine Elise Stefanik a remplacé vendredi dans la hiérarchie républicaine au Congrès une grande ennemie de l’ancien président, Liz Cheney, soulignant l’emprise inégalée du milliardaire sur son parti.

« Les républicains de la Chambre sont unis et le mouvement pour rendre à l’Amérique sa grandeur est fort », s’est immédiatement réjoui le milliardaire dans un communiqué, en reprenant son célèbre slogan « Make America Great Again ».

Dans son discours de remerciement après un vote à huis clos des républicains à la Chambre des représentants, Elise Stefanik, une ex-modérée, a souligné que Donald Trump jouait un « rôle crucial » dans le parti.

Après une semaine tumultueuse chez les républicains du Congrès, qui avait culminé avec l’éviction mercredi de Liz Cheney du poste de numéro trois du parti à la Chambre, l’élue new-yorkaise s’est présentée en rassembleuse forte d’un solide soutien. Sur les 212 élus républicains de la Chambre, 134 ont voté pour elle — et 46 contre — lors d’un vote à bulletins secrets. Liz Cheney était parmi la trentaine d’élus qui n’ont pas participé, selon des médias américains.

Le nouveau rôle de « conference chair » d’Elise Stefanik consiste à porter le message du parti aussi bien à l’interne qu’auprès des électeurs, un poste d’autant plus crucial que les élections parlementaires de novembre 2022 approchent. « Les Américains savent que les enjeux sont extraordinairement importants », a-t-elle déclaré.

« Nous partons à l’offensive et allons regagner la majorité en 2022. Il faut être unis », a-t-elle martelé en désignant l’ennemi commun : « le programme radical, destructeur, d’extrême gauche » du président démocrate Joe Biden et de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

L’élue de New York a souligné que Liz Cheney, comme les rares autres grands critiques de l’ex-président, avaient encore leur place au sein du parti, mais en affirmant dans le même souffle son soutien à l’ex-magnat de l’immobilier : « Nous sommes unis et travaillons avec le président Trump. »

Tensions et divisions

Mais les divisions au sein du parti restent profondes entre le petit groupe d’anti-Trump et les parlementaires qui le soutiennent… ou restent silencieux.

Fille de l’ancien vice-président Dick Cheney, l’élue du Wyoming figurait parmi les 10 républicains de la Chambre à avoir voté pour la mise en accusation de Donald Trump pour « incitation à l’insurrection » lors de l’attaque du Capitole le 6 janvier. L’ex-président américain avait ensuite été acquitté par le Sénat.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour garantir que l’ancien président ne s’approche plus jamais du Bureau ovale », avait tonné Liz Cheney après son éviction mercredi.

La tension hante encore les couloirs du Congrès plus de quatre mois après l’attaque.

Mercredi, une élue trumpiste déjà sanctionnée pour ses propos polémiques, Marjorie Taylor Greene, s’en est de nouveau prise à la célèbre jeune progressiste Alexandria Ocasio-Cortez, en lui demandant en criant pourquoi elle soutenait des « terroristes » — en évoquant des groupes d’extrême gauche et le mouvement Black Lives Matter. Une conduite rare sous le dôme du vénérable Capitole, qui a outré les démocrates.

Elise Stefanik, une modérée convertie au trumpisme

Arrivée au Congrès en janvier 2015 sur une ligne bien plus modérée que Liz Cheney, Elise Stefanik avait au départ gardé ses distances avec Donald Trump.

Elle avait même voté contre sa grande réforme fiscale en 2017 et exprimé son opposition à plusieurs décisions marquantes, dont le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat.

Diplômée de Harvard, Elise Stefanik avait travaillé à la Maison-Blanche pour George W. Bush de 2006 à 2009. À 30 ans, elle fut — à l’époque — la plus jeune femme à être élue au Congrès.

Affichant son évolution, c’est en « fière républicaine conservatrice » qu’elle a salué son élection interne vendredi.

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