Avec l’éviction de Liz Cheney, Trump conforte son emprise chez les républicains

L’élue républicaine Liz Cheney
Photo: Chip Somodevilla Getty Images/AFP L’élue républicaine Liz Cheney

Signe de la profonde influence que conserve Donald Trump sur son camp politique, les républicains ont voté mercredi l’éviction de Liz Cheney de leur hiérarchie, l’élue étant devenue la bête noire de l’ancien président.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour garantir que l’ancien président ne s’approche plus jamais du Bureau ovale » , a réagi la fille de l’ancien vice-président Dick Cheney, tout juste après le verdict.

« Le pays a besoin d’un parti républicain fort qui se fonde sur les principes fondamentaux du patriotisme, et je m’engage à garantir que cela soit de cette façon que le parti aille de l’avant », a-t-elle ajouté.

De son côté, Donald Trump s’est réjoui de l’éviction de cette élue conservatrice sans « aucune personnalité », qui « n’a rien à apporter de bon à notre vie politique ou à notre pays ».

Dans un vote oral à huis clos, expédié en quelques minutes seulement, les 212 républicains de la Chambre des représentants ont évincé Liz Cheney de son poste de numéro trois du groupe parlementaire. « Il n’y a pas eu beaucoup de voix » pour la soutenir, a rapporté aux journalistes un élu de Floride, Byron Donalds, favorable à son éviction.

Depuis sa défaite en novembre dernier, Donald Trump affirme contre toute évidence que l’élection présidentielle lui a été « volée ». En plus d’avoir dénoncé sans relâche ce « grand mensonge » du milliardaire auto-proclamé, Mme Cheney l’accuse, tout comme les démocrates, d’avoir incité la violence des manifestants pro-Trump lors de l’assaut meurtrier du Capitole.

Réunion à la Maison-Blanche

Dans une journée à l’emploi du temps chargé, Joe Biden a reçu peu après, pour la première fois à la Maison-Blanche, les quatre chefs du Congrès : les démocrates Nancy Pelosi (présidente de la Chambre) et Chuck Schumer (chef de la majorité au Sénat) ainsi que les républicains Kevin McCarthy (chef de la minorité à la Chambre) et Mitch McConnell (numéro un des républicains au Sénat).

Personne chez les républicains ne met en doute la « légitimité » de la victoire du président Biden, a d’ailleurs affirmé M. McCarthy à sa sortie, apparemment soucieux de démontrer, malgré le vote contre Mme Cheney, que son parti ne soutenait pas les accusations répétées par Donald Trump. « J’estime que tout cela est terminé. Nous nous sommes réunis ici avec le président » , a-t-il souligné.

Sénateur pendant près de quatre décennies, Joe Biden a affirmé vouloir travailler aussi avec ses opposants, en ouverture de cette réunion apparemment moins tendue que les rencontres électriques passées entre les chefs démocrates et Donald Trump. « Nous allons voir si nous pouvons trouver un consensus », a déclaré le 46e président des États-Unis.

« Nous allons beaucoup parler des infrastructures » , a-t-il fait savoir, au moment où son vaste plan d’investissement dans les infrastructures, de 2000 milliards de dollars, fait encore l’objet d’âpres et longues négociations en coulisses au Congrès.

Mise en garde

À coups de communiqués incendiaires, Donald Trump a largement pesé dans l’éviction de Liz Cheney, « une imbécile ». L’élue du Wyoming était apparue ces derniers jours résignée à perdre sa place de numéro trois du parti à la Chambre, mais non sans exhorter les républicains à tourner le dos « au culte de la personnalité Trump » .

Elle figurait parmi les dix républicains de la Chambre à avoir voté pour la mise en accusation de M. Trump pour « incitation à l’insurrection » lors de l’attaque du Capitole le 6 janvier. L’ex-magnat de l’immobilier avait ensuite été acquitté par le Sénat.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour garantir que l’ancien président ne s’approche plus jamais du Bureau ovale.

 

La républicaine de 54 ans avait survécu à une première motion de défiance en février. Mais depuis, la patience de certains collègues, y compris critiques de Donald Trump, s’est étiolée. Car dans son rôle de numéro trois (ou « conference chair ») , Liz Cheney était chargée de porter le message des républicains.

Or, les élections cruciales de mi-mandat en 2022 approchent. Et le message de Kevin McCarthy est clair : impossible de l’emporter sans montrer un front uni. « Elle était devenue une telle distraction », a souligné de son côté Byron Donalds après le vote.

« Notre mission en ce moment », c’est de reprendre la majorité à la Chambre en 2022, a-t-il ajouté « et les choses qui nous en détournaient ne seront plus là ». Comprendre : Liz Cheney.

Une minorité s’est rangée derrière l’élue contre le « mensonge » de Donald Trump sur la fraude électorale. « L’Histoire jugera » ce vote, a déploré l’un d’eux, Adam Kinzinger.

Pour remplacer Liz Cheney, le magnat de l’immobilier et Kevin McCarthy soutiennent Elise Stefanik, 36 ans. Arrivée au Congrès il y a six ans avec des positions modérées, elle est depuis devenue l’une des grandes voix pro-Trump au Congrès, où elle soutient aussi ses accusations sans fondement de fraudes électorales.

Le vote pour la nommer pourrait néanmoins être repoussé de plusieurs jours, sous la pression de conservateurs irrités de voir cette ex-centriste propulsée numéro trois sans débat.

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