Indianapolis, théâtre d’une énième fusillade au pays

Le tireur est sorti de sa voiture avec un fusil d’assaut et a tiré «au hasard» dans le stationnement, puis dans l’entrepôt, selon un responsable de la police locale.
Image: Jon Cherry Getty Images via Agence France-Presse Le tireur est sorti de sa voiture avec un fusil d’assaut et a tiré «au hasard» dans le stationnement, puis dans l’entrepôt, selon un responsable de la police locale.

Les États-Unis ont été meurtris, jeudi soir, par une nouvelle fusillade. Au moins huit personnes ont perdu la vie dans un centre de tri de la compagnie FedEx, à Indianapolis, dans l’Indiana, lorsqu’un ancien employé a ouvert le feu.

Vers 23 h, le tireur est sorti de sa voiture avec un fusil d’assaut et à commencer à « tirer au hasard » dans le stationnement, puis dans l’entrepôt, a expliqué un responsable de la police locale, Craig McCartt, lors d’une conférence de presse vendredi. Il se serait donné la mort peu de temps avant que la police n’entre dans le bâtiment.

Huit personnes ont été retrouvées mortes et cinq autres ont été hospitalisées. « Au moins 100 personnes étaient présentes dans l’entrepôt au moment de l’attaque », a fait savoir l’agent McCartt.

La communauté sikhe, très présente dans l’État de l’Indiana, a été particulièrement endeuillée puisque quatre des victimes en sont membres, a indiqué la Coalition sikhe. Le regroupement, qui se présente comme la plus grande organisation de défense des droits civiques sikhs du pays, a appelé à une « enquête complète » de la police pour déterminer les motivations du tueur, y compris pour savoir s’il a pu être animé par des « préjugés » racistes.

Environ 10 000 sikhs vivent en Indiana. FedEx compte quant à lui de nombreux membres de cette communauté parmi ses employés.

Un geste encore inexpliqué

Le tireur a été identifié par les autorités comme étant Brandon Scott Hole, 19 ans. Il a travaillé dans ce centre de tri en 2020. Au moment où ces lignes étaient écrites, les raisons de son geste restaient encore inexpliquées par les enquêteurs, mais le jeune homme était connu des services de police.

Le FBI a d’ailleurs dévoilé que le tireur avait été interrogé par ses agents l’an dernier, après un appel de sa mère au 911, inquiète que son fils commette un « suicide par police interposée ». Le FBI l’a questionné sur la base d’objets trouvés dans sa chambre, lesquels n’ont pas été précisés. Aucun crime n’a été recensé et le FBI n’a pas défini le garçon comme épousant une idéologie à motivation raciste, a-t-on souligné.

L’attaque de jeudi soir dans l’entrepôt de FedEx n’a duré qu’une poignée de minutes. Un homme travaillant sur le site a raconté à la télévision locale WISH-TV avoir vu une personne tirer à l’arme semi-automatique et entendu plus de dix tirs, qu’il a d’abord pris pour des bruits provenant d’un moteur.

« J’ai vu un homme avec une sorte de pistolet-mitrailleur, une arme automatique, et il tirait en plein air, a confié Jeremiah Miller. Je me suis baissé immédiatement, j’avais peur. »

Des familles se sont également plaintes de l’attente interminable pour avoir des nouvelles de leurs proches à cause d’une règle interdisant à certains employés de cet entrepôt d’utiliser leur cellulaire. « On nous a donné un numéro à appeler, mais qui n’avait pas la moindre information, a fustigé sur les ondes de Fox59 la conjointe d’un travailleur, Tammy Campbell. Il faut qu’ils changent leur politique et que l’on puisse contacter un employé ou qu’on leur permette d’avoir leur téléphone. »

Un fléau récurrent

Le président américain Joe Biden a ordonné vendredi la mise en berne des drapeaux dans les bâtiments publics fédéraux. La violence par arme à feu « meurtrit » l’âme de la nation américaine, a-t-il déploré par voie de communiqué.

« Ce matin, c’est le chagrin qui nous habite, a réagi de son côté le maire d’Indianapolis, Joe Hogsett. Le chagrin pour les familles des personnes tuées, le chagrin pour les employés qui ont perdu leurs collègues et le chagrin pour les nombreux Américains qui s’efforcent de comprendre comment des tragédies comme celle-ci continuent à se produire, encore et toujours. »

Cette fusillade dans la capitale de l’Indiana, connue pour son circuit automobile, fait suite à une série de drames similaires ces dernières semaines, notamment à Atlanta (Géorgie), à Boulder (Colorado) et à Los Angeles (Californie). Fléau récurrent aux États-Unis, les fusillades relancent régulièrement le débat sur la prolifération des armes à feu dans le pays, sans beaucoup d’avancées concrètes.

« La violence par arme à feu dans ce pays est une épidémie, c’est une honte internationale », avait fustigé le président Biden début avril en dévoilant des mesures ciblées pour encadrer l’accès aux armes à feu aux États-Unis. Des mesures d’une portée réduite en raison de la difficulté à faire adopter au Congrès des mesures plus audacieuses, au regard de la très courte majorité parlementaire démocrate.

De nombreux Américains restent très attachés à leurs armes et se sont même précipités pour en acheter davantage depuis le début de la pandémie, et encore plus lors des grandes manifestations antiracistes du printemps 2020 et des tensions électorales de l’automne.

Depuis le 1er janvier, plus de 12 000 personnes ont déjà été tuées par une arme à feu selon le site Gun Violence Archive.

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