«La Géorgie reprend ses couleurs»

L'esprit Était a la fête alors que des centaines de sympathisants démocrates se sont massés dans les rues près du Rainbow Crosswalks a Atlanta.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L'esprit Était a la fête alors que des centaines de sympathisants démocrates se sont massés dans les rues près du Rainbow Crosswalks a Atlanta.

« La Géorgie reprend ses couleurs ». L’emblématique intersection arc-en-ciel d’Atlanta s’est transformée samedi en piste de danse pour des centaines de partisans démocrates venus célébrer la victoire de Joe Biden.

« C’est la première fois depuis quatre ans que je vois autant de joie, de sourires, d’espoir et d’unité », témoigne Tamer Barsbey, qui a poussé un grand soupir de soulagement lorsque l’élection de Joe Biden a été confirmée. « La dernière fois que j’ai vu des gens célébrer avec autant d’enthousiasme, c’est lorsque le mariage gai a été légalisé [en 2015) », ajoute-t-il.

Avec son drapeau américain entre les mains, l’homme confie être fier du virage bleu de la Géorgie. Pour la première fois depuis 1992, cet état qui compte 16 grands électeurs s’est retrouvé au cœur d’une des plus importantes batailles du pays. Joe Biden a devancé le président sortant avec 7248 voix. Même s’il restait encore quelques votes à compiler en Géorgie, les autorités ont annoncé vendredi qu’il y aura un second dépouillement, puisque la marge qui sépare Joe Biden de Donald Trump est trop mince. En plus de la course présidentielle, celle pour deux sièges au Sénat se jouera lors d’une deuxième tour en janvier prochain. « Trump va devoir accepter la défaite », souligne M. Barsbey.

Pour plusieurs, le bonheur a été doublé après quatre jours d’interminables attentes puisque Kamala Harris devient la première femme vice-présidente, noire de surcroît, de l’histoire américaine.

« Le plafond de verre a été brisé et selon moi c’est d’abord ça qui devrait être célébré », mentionne Christina Ward, une artiste qui a peint une murale colorée à l’effigie de Kamala Harris devant laquelle de nombreux partisans prenaient des photos.

Ensemble, les partisans démocrates ont dansé et chanté sur notamment Party in the USA et We Are the Champions. Comme dans plusieurs autres villes du pays, des concerts de klaxons ont été entendus à travers les rues de la capitale de la Géorgie.

Plusieurs résidents des tours du Midtown se sont aussi précipités vers leurs balcons pour applaudir la victoire de Joe Biden et agiter pancartes et drapeaux. Le Freedom Park a également été le lieu de célébrations d’autres partisans.

Frustration chez les trumpistes

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Pour la quatrième journée consécutive, les supporters du président sortant se sont réunis près du State Farm Arena.

Pratiquement au même où ils arrivaient à leur point de rassemblement prévu vers midi à Atlanta, des supporters de Donald Trump ont appris que Joe Biden venait d’être déclaré président des États-Unis. Une nouvelle accueillie avec frustration, car ils demeurent convaincus, sans preuve, que ce résultat est issu d’une fraude.

« Les médias peuvent dire ce qu’ils veulent, mais nous on le sait qu’il y a une fraude qu’on tente de cacher », soutient Ariel Lurye, rencontrée par Le Devoir près de la tour CNN.

Pour la quatrième journée consécutive, les supporters du président sortant se sont réunis près du State Farm Arena. Bien que le rassemblement se soit déroulé dans le calme, la tension était palpable. Plusieurs ont refusé d’adresser la parole aux médias, les accusant de produire de fausses nouvelles. « J’aimerais bien qu’un journaliste de CNN ose se pointer ici », a même lancé un homme.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Des partisans démocrates brandissaient leurs pancartes Biden-Harris debout sur leur voiture, non loin des manifestants républicains près du State Farm Arena.

Quelques membres du mouvement Black Lives Matter se sont réunis brièvement au même endroit. Des membres des deux groupes, armés, se sont avancé les uns vers l’autre à un certain moment, mais il n’y a pas eu de débordement.

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat–Le Devoir.