Les doigts croisés, les Américains se rendent aux urnes

Anna Castillo affiche fièrement ses couleurs à la sortie du bureau de vote. «Je suis ex-républicaine. En 2016, j’ai voté pour Trump et ç’a été la plus grande erreur que j’ai commise», dit la femme originaire du Nicaragua.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Anna Castillo affiche fièrement ses couleurs à la sortie du bureau de vote. «Je suis ex-républicaine. En 2016, j’ai voté pour Trump et ç’a été la plus grande erreur que j’ai commise», dit la femme originaire du Nicaragua.

Les doigts croisés, espérant que leur vote fera la différence, des Américains continuent à se rendre aux urnes mardi, pendant que certaines villes du pays se préparent à vivre d’importantes tensions après le résultat du scrutin.

« Jusqu’à hier, j’hésitais encore à qui donner mon appui, alors j’ai préféré attendre au dernier jour pour voter », explique Earl Archer, rencontré par Le Devoir à la sortie d’un bureau de vote de Miami Beach.

L’homme raconte avoir eu de la difficulté à faire son choix et a préféré attendre jusqu’au sprint final pour se faire une tête. « J’aime le président Trump », confie-t-il. « Je suis convaincu d’avoir appuyé le bon candidat », poursuit-il.

La journée de vote a commencé dans le calme à Miami Beach, loin des longues files qu’on a pu voir dans les derniers jours lors du vote par anticipation. Il faut dire qu’à Miami-Date, 61,3 % des électeurs inscrits ont voté par anticipation.

Près de l’hôtel de ville, où se trouve un bureau de scrutin, une clinique de dépistage de la COVID-19 semblait beaucoup plus achalandée alors que la file s’étendait le long d’un immense stationnement.

Attentes

Pilar Consuegro avait fait son choix depuis longtemps, mais elle n’avait personne pour l’accompagner voter. « Je devais attendre que ma petite fille ait le temps de venir avec moi », mentionne-t-elle. « J’ai prié tous les jours depuis les quatre dernières années pour que le vieux fou ne soit pas réélu », confie la dame.

« Quel vieux fou ? », lui demande sa petite fille à la blague. Comme dans beaucoup de famille d’origine cubaine, la politique est source de vives tensions. « Notre famille est plus divisée que jamais, c’est ça qui est triste, c’est que cet homme a réussi à diviser les gens », se désole-t-elle, faisant référence à Donald Trump.

Anna Castillo affiche fièrement ses couleurs à la sortie du bureau de vote. « Je suis ex-républicaine. En 2016, j’ai voté pour Trump et ç’a été la plus grande erreur que j’ai commise », dit la femme originaire du Nicaragua, avec dans la main deux drapeaux Biden 2020.

« Il est contre les latinos, il est contre les immigrants, il est contre les illégaux. Je suis latina et même si j’ai eu la chance de venir ici légalement, je ne peux pas être contre des gens qui sont en quête d’un meilleur avenir. Il faut traiter les gens avec humanité, ce que M. Trump ne fera jamais », déplore celle qui espère que son vote provoque un changement.

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.

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Jusqu’à hier, j’hésitais encore à qui donner mon appui, alors j’ai préféré attendre au dernier jour pour voter

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Pilar Consuegra (à gauche) comptait sur sa petite-fille, Tahlia, pour l’accompagner au bureau de vote mardi.