Trump joue son va-tout pour une victoire

Si Joe Biden remporte les élections, il chargerait le Congrès d'adopter un vaste projet de loi sur les dépenses d'ici la fin janvier afin de lutter contre la pandémie.
Photo: Andrew Harnik Associated Press Si Joe Biden remporte les élections, il chargerait le Congrès d'adopter un vaste projet de loi sur les dépenses d'ici la fin janvier afin de lutter contre la pandémie.

À sept jours de l’élection présidentielle américaine, Donald Trump a multiplié mardi les rassemblements dans l’espoir de renverser la tendance dans les sondages, tandis que son adversaire démocrate, Joe Biden, plus discret sur le terrain, continue de l’écorcher pour sa gestion de la pandémie.

Alors que 67 des plus de 230 millions d’électeurs américains ont déjà voté (un tiers en personne et deux tiers par la poste), un record historique, les deux hommes font chacun campagne dans des États normalement considérés acquis pour les républicains, signe de l’immense défi qui se dresse devant le président sortant.

L’ex-magnat de l’immobilier, si l’on se fie aux sondages qui le donnent à la traîne, pourrait avoir de mauvaises surprises le 3 novembre dans certains bastions républicains. Parmi lesquels l’une des trois circonscriptions du Nebraska, qui n’a pas voté démocrate depuis… Barack Obama en 2008.

De Washington à Las Vegas, en passant par le Michigan, le Wisconsin et le Nebraska : comme d’habitude, c’est Donald Trump qui avait la journée de rassemblements la plus dense. Son rival s’est contenté, lui, d’un seul déplacement, dans l’État de Géorgie, dans le Sud conservateur où encore récemment personne n’aurait envisagé que M. Trump puisse être battu.

Là, il s’est inscrit dans la lignée d’un illustre président démocrate de temps de guerre, Franklin Roosevelt (1933-1945), à Warm Springs, où l’ancien dirigeant paralysé des jambes par la polio se rendait pour ses « eaux thérapeutiques ». « Nous pouvons contrôler le virus, et nous le ferons », a lancé Joe Biden, exploitant à fond la petite phrase du chef de cabinet de Donald Trump, Mark Meadows, qui avait dit au cours du week-end : « Nous n’allons pas contrôler la pandémie, nous allons contrôler le fait qu’on puisse avoir des vaccins. »

 
67
C’est le nombre approximatif, en millions, d’électeurs américains qui ont déjà exercé leur droit de vote en vue de l’élection présidentielle du 3 novembre.

« Si vous m’accordez l’honneur d’être votre président, préparez-vous à un changement de priorités. Car nous agirons, dès le premier jour de ma présidence, pour reprendre le contrôle de la COVID », a déclaré l’ancien vice-président de Barack Obama, dans un discours en extérieur.

Plan de relance

De son côté, Donald Trump a promis mardi « le meilleur » programme de relance économique possible, mais après l’élection, accusant la responsable des démocrates à la Chambre des représentants de ne pas négocier en toute bonne foi.

« Après les élections, nous obtiendrons le meilleur plan de relance que vous ayez jamais vu parce que je pense que nous allons reprendre la Chambre » aux démocrates, a déclaré le président républicain. « Nancy Pelosi ne souhaite que renflouer des villes et des États démocrates mal gérés et marqués par la criminalité », a-t-il ajouté, l’accusant de ne pas vouloir « aider les gens ».

Fin mars, alors que la pandémie de COVID-19 faisait des ravages, y compris socio-économiques, démocrates et républicains étaient parvenus à voter en urgence un gigantesque plan d’aide de 2 200 milliards de dollars qui comprenait notamment des allocations-chômage de 600 dollars par semaine.

Mais il a expiré fin juillet. Depuis, les négociations entre les deux partis sur un nouveau soutien sont dans l’impasse. Ce plan est pourtant jugé indispensable pour donner un coup de fouet à l’activité économique.

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