De plus en plus de candidates et d’élues aux élections américaines

Un monument à New York rend hommage au travail de trois icônes, Sojourner Truth, Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton, dans la lutte pour la participation politique des femmes.
Photo: Spencer Platt Getty Images via Agence France-Presse Un monument à New York rend hommage au travail de trois icônes, Sojourner Truth, Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton, dans la lutte pour la participation politique des femmes.

Elizabeth Cady Stanton a été la première femme à se présenter pour un poste au Sénat des États-Unis d’Amérique. C’était en 1866 dans l’État de New York. Elle avait 24 ans, mais n’avait pas le droit de vote. La candidate n’a reçu que 24 des quelque 12 000 voix exprimées, toutes par des hommes.

Les Américaines ont obtenu le droit démocratique fondamental après des décennies de combat, en 1920, il y a donc un siècle. L’implication active des femmes n’a cessé de croître et s’est accélérée ces dernières années, même si la parité est loin d’être atteinte, selon les données compilées par le Center for American Women and Politics (CAWP).

Les femmes occupent maintenant 30 % des chambres dans les cinquante États de la fédération, soit 2161 sièges sur les 7383. Moins du quart des villes (23,7 %) sont dirigées par des mairesses et 27 % des 100 plus grandes cités.

« La présente élection poursuit la tendance observée en 2018, explique Debbie Walsh, directrice du CAWP, institut de recherche rattaché à l’Université Rutgers du New Jersey. « Nous avons un record de candidates pour la Chambre des représentants, mais pas au Sénat. Nous avons aussi un record de femmes candidates noires, latinos ou autochtones. »

La société américaine devient de plus en plus « brune » selon une formule du démographe américain William Frey. Le bloc dit latino, qui compte maintenant environ 32 millions d’électeurs, forme la plus importante minorité du pays.

La tendance se reflète dans les candidatures. Près de 120 femmes dites de couleur briguent un siège au Congrès aux élections de novembre. Au scrutin de mi-mandat en 2018, 61 femmes noires, 32 latinos et 6 autochtones ont été élues à la Chambre des représentants.

300 exactement

Voici le portrait panoramique des femmes candidates à tous les paliers de l’État fédéral :

Vice-présidente. Les démocrates présentent Kamala Harris comme colistière de Joe Biden. Si elle est élue, elle deviendra la première vice-présidente du pays. Avant elle, 11 candidates s’y sont essayées, et 6 femmes (dont Mme Harris) bataillaient aux primaires démocrates pour obtenir la nomination comme candidate à la présidence.

Gouverneures. Pour 11 postes à pourvoir, 3 femmes se retrouvent en lice, 1 républicaine et 2 démocrates. Par contre, 9 femmes (5 démocrates et 4 républicaines) briguent un poste de lieutenante-gouverneure dans 7 États. Elles étaient 18 aux primaires. À ce palier, le record de 29 candidates a été établi en 1994. Pour l’instant, 9 femmes (sur 50 postes) sont gouverneures, le même nombre sommet qu’en 2004, 2007 et 2019, et 15 sont lieutenantes-gouverneures.

Sénatrices. Ce sont 27 femmes (dont 16 démocrates et 11 républicaines) qui luttent pour 17 sièges. Elles étaient 60 à briguer l’investiture dans 33 États. Pour l’instant, les femmes occupent 26 des 100 sièges de la Chambre haute.

Représentantes. Au total, 583 candidates ont tenté d’obtenir l’investiture de leur parti, soit 356 démocrates et 227 républicaines. Plus de la moitié (300 exactement) se retrouvent sur les bulletins dans 253 districts de 44 États, soit 206 démocrates et 94 républicaines. Il s’agit d’un nouveau record par rapport au précédent sommet de 234 candidates aux élections de 2018. Pour l’instant, moins du quart (23,7 %) des sièges à la Chambre basse est occupé par des représentantes.

Hyperconservatrices

L’implication des femmes se confirme des deux bords, bleu et rouge, bien que les femmes penchent majoritairement à gauche, du côté démocrate, depuis des années.

« Je crois que les femmes républicaines ont suivi le mouvement amorcé par les démocrates en 2018, dit la directrice Walsh. Elles aussi en avaient assez du discours habituel. Le Parti républicain est dirigé par des hommes blancs, et elles veulent en changer. Cela dit, la plupart des candidates républicaines sont très conservatrices, très près de Donald Trump idéologiquement. Ce qui a du sens : pour être républicain maintenant, il faut être plus conservateur puisque, aux primaires, ce sont les militants les plus conservateurs qui exercent leur droit de vote, comme aux primaires démocrates les militants les plus progressistes se manifestent. »

Les républicaines se présentent aussi souvent dans des élections très difficiles, en zones démocrates. Il sera donc plus difficile pour elles de récupérer à la Chambre des représentants les 10 sièges qu’elles ont perdus aux élections de mi-mandat.

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