Le FBI confirme de nouvelles interférences étrangères dans les élections américaines

À 12 jours du vote, le FBI a annoncé que l’Iran et la Russie accentueraient des campagnes de désinformation et d’intimidation des électeurs.
Photo: Eric Baradat Agence France-Presse À 12 jours du vote, le FBI a annoncé que l’Iran et la Russie accentueraient des campagnes de désinformation et d’intimidation des électeurs.

Il n’y a pas que le président américain qui sème des doutes sur le processus électoral américain. L’Iran et la Russie seraient également en train de le faire par l’entremise de campagnes virales de désinformation et d’intimidation des électeurs menées en ligne, a indiqué mercredi soir le FBI lors d’une conférence de presse spéciale portant sur la sécurité du scrutin présidentiel à venir.

Les interférences identifiées sont liées à un important vol de données sur les électeurs américains, a ajouté l’agence de renseignement des États-Unis sans préciser la nature exacte des données ni l’ampleur du vol.

« L’Iran et la Russie ont mené des actions ciblées pour influencer l’opinion publique dans le cadre de nos élections », a indiqué en fin de journée mercredi le directeur du renseignement national John Ratcliffe à l’occasion d’une conférence de presse organisée dans l’urgence.

« Nous avons confirmé que plusieurs informations provenant des listes électorales ont été obtenues par l’Iran et séparément par la Russie », a-t-il ajouté. « Ces données peuvent être utilisées par des acteurs étrangers pour tenter de communiquer de fausses informations aux électeurs inscrits dans l’espoir de semer le chaos, la confusion et de saper votre confiance dans la démocratie américaine ».

L’annonce du FBI intervient au lendemain d’une enquête déclenchée aux États-Unis après l’envoi massif de courriels cherchant à intimider des électeurs démocrates de l’Alaska et de la Floride. Le message, semblant venir du groupe de suprémacistes blancs Proud Boys — à qui Donald Trump a demandé de se préparer en cas de défaite lors du premier débat télévisé — les enjoignait à voter pour l’actuel président sans quoi le groupe menaçait d’aller chez eux. Les auteurs du message prétendaient avoir acquis l’ensemble des données personnelles des électeurs, dont leur adresse.

Mardi, le président du groupe radical, Enrique Tarrio, a nié toute implication dans cette campagne affirmant ne « jamais avoir eu » l’intimidation des électeurs dans leurs activités. « Ce n’est certainement pas nous », a-t-il dit au service de presse du College of Journalism and Communications de la University of Florida appelant au passage les autorités à faire enquête. Nous ne faisons pas d’envoi de courriel de masse ».

Quelques heures avant la conférence de presse du FBI, le comité du Sénat sur le renseignement a cherché à attirer les projeteurs sur les « menaces venant de l’étranger sur le système et infrastructure électoraux américains ». Il a également « exhorté les Américains — y compris les membres des médias — à se méfier avant de croire et de répandre des informations sensationnelles, non vérifiées, en lien avec le vote et le processus électoral », ont dit le républicain Marco Rubio, qui préside le comité, et le démocrate Mark Warner, son vice-président, dans une déclaration commune.

Le scrutin présidentiel se tient dans moins de deux semaines et les services secrets américains s’attendent à l’intensification des interférences étrangères d’ici là.

Ce reportage a été financé grâce au soutien financier du Fonds de journalisme international Transat- Le Devoir