Trump s’en prend au Dr Fauci «et tous ces idiots»

Le Dr Anthony Fauci a, à plusieurs occasions, tenté de clarifier ou de corriger des propos souvent approximatifs de Donald Trump sur les vaccins ou le développement de traitements contre la COVID-19.
Photo: Mandel Ngan Archives Agence France-Presse Le Dr Anthony Fauci a, à plusieurs occasions, tenté de clarifier ou de corriger des propos souvent approximatifs de Donald Trump sur les vaccins ou le développement de traitements contre la COVID-19.

Le président américain Donald Trump s’en est une nouvelle fois pris lundi avec virulence au Dr Anthony Fauci, figure très respectée aux États-Unis et membre de la cellule de crise de la Maison-Blanche sur le coronavirus.

« Les gens en ont marre [d’entendre parler] de la COVID », a déclaré M. Trump dans un échange téléphonique avec des membres de son équipe de campagne, auquel plusieurs médias américains ont eu accès. « Les gens disent : “Laissez-nous tranquilles”. Ils en ont marre. Marre d’entendre Fauci et tous ces idiots », a-t-il ajouté, selon Politico.

« Il est là depuis 500 ans », a encore ironisé le président républicain, évoquant cet expert de 79 ans reconnu mondialement, qui dirige l’Institut des maladies infectieuses.

« Si nous l’avions écouté, nous aurions eu 700 000 ou 800 000 morts », a-t-il encore dit, tout en jugeant qu’il serait contre-productif de le limoger à l’approche de l’élection présidentielle du 3 novembre. La pandémie a fait plus de 219 000 morts aux États-Unis.

Il y a une semaine, l’immunologue avait exprimé son mécontentement après l’utilisation de ses propos dans une publicité électorale du camp Trump sur le coronavirus. « En près de cinq décennies de service public, je n’ai jamais publiquement soutenu aucun candidat », avait-il rappelé, déplorant de surcroît l’utilisation de déclarations sorties de leur contexte.

Le Dr Fauci a, à plusieurs occasions, tenté de clarifier ou de corriger des propos souvent approximatifs de M. Trump sur les vaccins ou traitements en cours de développement contre la COVID-19. Le ton est parfois monté d’un cran, comme en avril, lorsque Donald Trump avait retweeté un message contenant la mention #FireFauci, « Virez Fauci », avant d’assurer que « Tony » faisait un travail formidable.

La Floride commence à voter

Par ailleurs, le vote anticipé a débuté lundi en Floride, plus grand des États clés de l’élection présidentielle, où Donald Trump et Joe Biden sont au coude-à-coude dans les sondages.

Dès le matin, de nombreux électeurs masqués faisaient la queue à la mairie de Miami Beach. « Cela fait quatre ans que j’attends de voter », s’est réjouie Jackeline Maurice, une électrice démocrate quadragénaire.

À Hialeah, quartier populaire de Miami où vivent de nombreux Cubains-Américains, Ulysses Liriano, 51 ans, coiffé d’un chapeau aux couleurs du drapeau américain, attendait son tour pour déposer son bulletin dans l’urne. Son choix ? Trump, car « il a favorisé l’économie » avant le coronavirus, dit-il. « C’est une personne comme nous », ajoute ce retraité.

À quinze jours du scrutin, le locataire de la Maison-Blanche s’est rendu en Arizona, un autre État très convoité, pour poursuivre son marathon de meetings entamé il y a une semaine après avoir assuré être « guéri » de la COVID-19.

Inscrivez-vous à notre nouvelle infolettre Le Courrier américain : la campagne résumée et expliquée, chaque jour.

Le candidat démocrate n’avait lui aucun rendez-vous public à son agenda, consacrant la journée, selon des médias américains, à la préparation du dernier débat télévisé, prévu jeudi.

C’est la colistière de Joe Biden, Kamala Harris, qui a fait le déplacement en Floride, renouant avec la campagne de terrain quatre jours après l’avoir suspendue en raison de cas de coronavirus dans son entourage. Elle s’est rendue à Orlando et à Jacksonville pour appeler à participer à ce vote en personne à l’avance.

Le vote anticipé est scruté avec une attention particulière cette année, tant il continue de battre des records, donnant parfois lieu à de longues files d’attente dans les États où il a démarré. À J-15, plus de 29 millions d’Américains à travers le pays ont déjà voté par courrier ou en personne, ce qui pourrait représenter à ce stade près d’un cinquième de la participation totale, selon l’organisation indépendante Elections Project.

Les démocrates ont appelé à voter à l’avance, comme mesure de précaution en raison de la pandémie. En face, le camp Trump dénonce, sans preuves à l’appui, une démarche susceptible de « truquer » les résultats, et promet que ses électeurs se déplaceront, eux, en masse le 3 novembre pour faire mentir les sondages le donnant battu.

Le président sortant est à la traîne dans les sondages à l’échelle nationale et dans la plupart des États décisifs pour la victoire.

Donald Trump a déjà multiplié les rassemblements de campagne en Floride, remportée en 2016, et qu’il ne peut se permettre de laisser basculer cette année. Il a resserré l’écart dans les intentions de vote à la faveur de deux études d’instituts réputés plus favorables aux républicains : Joe Biden n’a plus qu’une avance de 1,4 point en moyenne, contre +4,5 il y a douze jours.

À voir en vidéo